Covid-19 : le variant britannique s’étend à 70 pays et le sud-africain à 31, selon l’OMS

27 janvier 2021

Le variant britannique de la Covid-19 continue de se répandre dans le monde. Il s’est étendu la semaine dernière à 70 pays et territoires, dix de plus en une semaine, a indiqué mercredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS). De son côté, le variant sud-africain du coronavirus s’étend désormais à 31 pays et le brésilien à 8.

Selon les données hebdomadaires de l’OMS, publiées mercredi et qui portent jusqu’à dimanche à la mi-journée, le variant britannique a été détectée dans exactement 70 pays au total dans les six régions de l’agence onusienne. Il s’agit de cas importés ou de transmission communautaire.

Une transmission locale de la variante a également été signalée dans plusieurs pays européens.

Alors que ce variant est considéré comme jusqu’à 70% plus contagieux, des études récentes menées au Royaume-Uni suggérant qu’il existe « des preuves d’une hausse de la gravité de la maladie ». « Toutefois, les résultats sont préliminaires et d’autres analyses sont nécessaires pour corroborer ces conclusions », précise l’OMS.

Le 23 avril 2020 à Johannesburg, en Afrique du Sud, un habitant du quartier informel de Setswetla se fait asperger les mains de désinfectant pour les mains.
Photo : © UNICEF/Michele Spatari/AFP-Services
Le 23 avril 2020 à Johannesburg, en Afrique du Sud, un habitant du quartier informel de Setswetla se fait asperger les mains de désinfectant pour les mains.

A ce stade, aucun changement significatif des vaccins par rapport au variant britannique

En attendant, l’incidence des cas du coronavirus a augmenté « de semaine en semaine depuis le début de décembre 2020, pour atteindre un pic au début de janvier 2021 ». Du 11 janvier au 24 janvier dernier, une tendance à la baisse a été toutefois observée, à la suite de mesures sanitaires et sociales strictes (confinement).

Par ailleurs, des études sont en cours pour mieux comprendre l’efficacité des vaccins contre ce nouveau variant. Cependant, sur la base d’études in vitro préliminaires, « les sérums post-vaccinaux avec les vaccins Pfizer et Moderna n’ont subi aucun changement significatif par rapport à la variante », souligne l’OMS.

Selon l'agence sanitaire mondiale de l’ONU, il s’agit de « conclusions préliminaires nécessitant des recherches plus approfondies impliquant des échantillons plus importants ».

Si le variant britannique est présent dans l’ensemble des six zones de l’OMS, il en est autant de celui qui est parti d’Afrique du Sud. Après avoir été observé que dans quatre régions la semaine dernière, il s’est également propagé à davantage de zones, pour être désormais présent dans toutes les six régions de l’OMS.

Trois pays et territoires supplémentaires ont été infectés, portant le total à 31

En Afrique du Sud, où cette variante a été initialement identifiée, les nouveaux cas hebdomadaires ont augmenté à partir de début novembre 2020, pour atteindre un pic début janvier 2021. Toutefois, une tendance à la baisse a été observée au cours des deux dernières semaines, précise l’OMS.

De plus, des études récentes en laboratoire sur un nombre limité de patients ont montré que la variante est moins sensible à la neutralisation des anticorps. Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires sur les réponses immunitaires, ces résultats suscitent « des inquiétudes quant à l’augmentation des taux de réinfection du nouveau coronavirus ».

Réduction des titres d’anticorps neutralisants du variant sud-africain

A ce stade, « rien n’indique qu’il existe un risque accru de réinfection par rapport au variant sud-africain, d’après les études d’observation réalisées en Afrique du Sud », note l’OMS.

Des études sont également en cours pour mieux interpréter l’efficacité des vaccins contre ce variant. Mais des données préliminaires utilisant des sérums de personnes vaccinées avec le sérum de Moderna ont montré une réduction des titres d’anticorps neutralisants du variant 501Y.V2 par rapport aux précédents variants testés.

L’OMS rappelle qu’il s’agit de résultats préliminaires qui nécessitent des recherches plus approfondies, notamment pour un plus grand nombre d’échantillons et une évaluation des changements de la neutralisation sur l’efficacité clinique.

Pour lutter contre la pandémie de COVID-19, le CICR aide les communautés touchées par la violence en faisant don de kits d'hygiène à un partenaire local au Brésil.
CICR
Pour lutter contre la pandémie de COVID-19, le CICR aide les communautés touchées par la violence en faisant don de kits d'hygiène à un partenaire local au Brésil.

Le variant brésilien détecté dans huit pays

« Par excès de prudence, Moderna étudie l’utilisation potentielle d’une dose de rappel supplémentaire pour augmenter les titres de neutralisation contre les variantes émergentes et commence à évaluer un vaccin candidat de rappel de variante émergente », fait remarquer l’OMS.

Quant au variant identifié au Brésil, qui comme le britannique et sud-africain, poursuit aussi sa propagation. Il est désormais présent dans huit pays et territoires, soit dans six pays de plus qu’au 19 janvier, détaille l’OMS dans sa revue épidémiologique hebdomadaire.

Au Brésil, le nombre de nouveaux cas hebdomadaires au cours des deux dernières semaines est plus élevé que celui de septembre à novembre 2020. Et les nouveaux décès hebdomadaires ont augmenté depuis début novembre 2020. Selon l’agence onusienne, les cas hebdomadaires les plus élevés depuis le début de la pandémie ont été signalés dans la semaine commençant le 11 janvier 2021.

L’OMS prône un séquençage et un partage en temps utile des données

Des enquêtes préliminaires menées à Manaus, capitale de l’État brésilien d’Amazonas, ont montré « une hausse de la proportion de cas séquencés du variant ». Ce qui met en évidence la poursuite de sa transmission locale et, compte tenu des mutations documentées, cela suscite « des préoccupations similaires quant à l’augmentation potentielle de la transmissibilité ou de la propension à la réinfection ».

Plus globalement, toutes ces variantes font redouter une nouvelle explosion du nombre d’infections et de victimes dans le monde. Et selon l’OMS, l’émergence de nouvelles variantes souligne également l’importance d’accroître la capacité de diagnostic et le séquençage systématique du CoV-2 du SRAS lorsque les capacités le permettent, ainsi que le partage en temps utile des données de séquençage au niveau international.

Pour l’agence onusienne, le séquençage du coronavirus devrait être effectué dans toutes les maladies graves qui surviennent après la vaccination, en plus des études sur l’efficacité du vaccin.

 

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