ici, des réfugiés ukrainiens attendent un bus pour poursuivre leur voyage après avoir traversé la frontière polonaise à Medyka.

Plus d’un demi-million de réfugiés ukrainiens sont rentrés chez eux, malgré la guerre (HCR)

© UNICEF/Tom Remp
ici, des réfugiés ukrainiens attendent un bus pour poursuivre leur voyage après avoir traversé la frontière polonaise à Medyka.

Plus d’un demi-million de réfugiés ukrainiens sont rentrés chez eux, malgré la guerre (HCR)

Migrants et réfugiés

Alors que plus de 4,3 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays depuis le début de l’offensive russe, certains optent désormais pour le chemin inverse et font le choix du retour après quelques semaines passées à l’extérieur de l’Ukraine.

« D’après les informations fournies par l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et reçues du Service national des gardes-frontières de l’Ukraine, plus de 537.000 personnes ont traversé la frontière ukrainienne depuis le 24 février », a annoncé jeudi le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU.

Il s’agit d’un « chiffre important » qui suggère que la migration de retour vers l’Ukraine est probablement en augmentation, estime l’OCHA dans son dernier rapport de situation.

Ce timide mouvement de retour pourrait toutefois « créer de nouveaux défis pour la réponse humanitaire », carbles gens auront besoin d’aide pour réintégrer leurs communautés ou trouver des communautés d’accueil appropriées si le retour chez eux n’est plus une option viable, signale le Bureau.

Le nombre de réfugiés en Pologne franchit la barre des 2,5 millions

Plus de 7,1 millions de civils sont aussi déplacés à l’intérieur de l’Ukraine, a affirmé cette semaine l’Agence de l’ONU pour les migrations (OIM).

Au total, 11,4 millions de personnes ont été forcés de fuir leur domicile soit à l’intérieur du pays ou à travers les frontières internationales, dont près de 4,3 millions de réfugiés.

Il s’agit principalement des femmes et des enfants, qui ont fui à travers les frontières internationales - une augmentation de 30% par rapport aux quelque 3,3 millions de personnes au 18 mars.

Dans ce lot de réfugiés, plus de la moitie, soient 2,5 millions de personnes, sont arrivées en Pologne depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, dont environ 37.000 supplémentaires sur 24 heures, selon un décompte établi jeudi par le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

Outre les 2.514.504 réfugiés en Pologne, près de 662.000 ont rejoint la Roumanie, plus de 404.000 la Hongrie et 401.000 en Moldavie. Plus de 304.000 civils ukrainiens se sont orientés vers la Slovaquie voisine.  Plus de 350.000 se trouvent en Russie, mais ces données datent d’il y a une dizaine de jours, et plus de 18.000 sont au Bélarus, ajoute le HCR.

Le chef de l'humanitaire de l'ONU, Martin Griffiths, à Irpin, en Ukraine, le 7 avril 2022.
© UNOCHA/Saviano Abreu
Le chef de l'humanitaire de l'ONU, Martin Griffiths, à Irpin, en Ukraine, le 7 avril 2022.

Les besoins de protection continuent de croître dans l’Est de l’Ukraine

Alors que tous les regards sont tournés vers la partie orientale de l’Ukraine, 16% parmi les personnes piégées dans leur communauté déclarent ne pas être sûres de partir malgré un contexte d’hostilités actives. Dans le même temps, 6% déclarent rester pour ne pas laisser derrière elles des membres de leur famille. Selon cette étude, près 3% déclarent qu’elles ne sauraient pas où aller.

Les personnes déplacées et non déplacées déclarent que leurs plus grands besoins sont des aides en espèces, notamment l’accès à l’argent (c’est-à-dire recevoir de l’argent, les distributeurs automatiques n’ayant pas d’argent), les médicaments et les services de santé ainsi que le transport.

Sur le terrain, l’Est de l’Ukraine continue d’être « l’épicentre de l’offensive militaire en cours, les affrontements dans les oblasts de Donetsk, Kharkivska et Louhansk s’intensifient ces derniers jours ».

Selon l’OCHA, les 4 et 5 avril, plusieurs localités de la région de Louhansk ont subi d’importants bombardements, notamment Popasna, Rubizhne et Sievierodonetsk.

Selon le rapport d’OCHA, la situation dans les zones les plus touchées du nord, du sud et de l’est de l’Ukraine est de plus en plus « désastreuse », car les hostilités actives s’intensifient dans les points chauds existants et s’étendent à de nouvelles zones qui avaient été épargnées par l’offensive militaire en cours. Dans ces conditions, les besoins et les risques de protection continuent de croître.

La ville d'Irpin, dans la région de Kyïv, en Ukraine.
© ICRC
La ville d'Irpin, dans la région de Kyïv, en Ukraine.

Plus de 90 attaques contre des établissements et des agents de santé ukrainiens

Pendant ce temps, l’accès aux communautés touchées pour répondre aux besoins croissants et aux risques de protection reste « largement limité ».

Le problème est exacerbé par le fait que les personnes piégées dans les zones où les hostilités sont actives ne peuvent pas être évacuées en toute sécurité.

« Ce qui laisse les besoins de nombreuses personnes non satisfaits et pousse d’autres à tenter des auto-évaluations dangereuses pour s’échapper à la recherche de sécurité et d’aide humanitaire », a détaillé l’OCHA.

Par ailleurs, alors que les besoins de santé continuent d’augmenter, l’accès aux services de santé essentiels est de plus en plus restreint.

Le nombre d’incidents vérifiés d’attaques contre des installations de soins de santé en Ukraine est passé à 91, faisant 73 morts et 46 blessés, selon un décompte établi le 6 avril par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Sur les plus de 90 attaques contre les soins de santé depuis le 24 février, 77 ont directement touché des établissements de santé. L’OMS redoute une hausse de ces attaques d’autant que près de 1.000 établissements de santé sont situés dans des zones de « combats actifs » ou « avec une présence importante des forces de la Fédération de Russie ».

Près de la moitié des pharmacies de l’Ukraine seraient fermées

Dans ce contexte, les traumatismes et les blessures liés aux hostilités étant en augmentation, de nombreux hôpitaux ont été réaffectés à la prise en charge des blessés. Ce qui a entraîné des perturbations des services de santé de base et de routine, notamment en matière de santé sexuelle et génésique.

De plus, près de la moitié des pharmacies du pays seraient fermées, ce qui limite l’accès aux médicaments essentiels.

Sur un autre plan, l’OMS indique que de nombreux agents de santé sont soit déplacés, soit dans l’incapacité de travailler, créant ainsi de « graves lacunes dans la couverture sanitaire » en Ukraine.

S’agissant de l’éducation, l’accès reste fortement limité, en particulier dans l’est de l’Ukraine. Selon l’OCHA, les affrontements de plus en plus intenses dans cette région auront des « répercussions immédiates » et à plus long terme sur l’accès à l’éducation et les résultats scolaires pendant des mois, voire des années.

Plus largement, l’offensive militaire en cours va considérablement compliquer un contexte éducatif déjà difficile en Ukraine.

« Même avant la récente escalade, environ 30% des établissements d’enseignement de l’est de l’Ukraine avaient déclaré ne pas avoir suffisamment d’enseignants, un problème que les autorités ukrainiennes n’ont pas pu résoudre », a conclu l’agence onusienne.