Des réfugiés ukrainiens arrivés à Mlyny, en Pologne, attendent un moyen de transport dans un centre de transit.

TEMOIGNAGE – Apporter une aide psychologique aux personnes ayant fui l’Ukraine

© IOM/Jorge Galindo
Des réfugiés ukrainiens arrivés à Mlyny, en Pologne, attendent un moyen de transport dans un centre de transit.

TEMOIGNAGE – Apporter une aide psychologique aux personnes ayant fui l’Ukraine

Aide humanitaire

Parmi les millions de personnes contraintes de fuir l’Ukraine à cause de l'invasion russe, beaucoup sont traumatisées et ont besoin d'un soutien en matière de santé mentale. Dans un centre d’accueil polonais, des volontaires comme Aurang Zeb Khan ont été formés par l'agence des Nations Unies pour les migrations (OIM) pour administrer les premiers secours psychologiques.

Mlyny est une petite ville du sud-est de la Pologne, à environ huit kilomètres de la frontière avec l'Ukraine. Cette ville autrement calme est devenu l'un des principaux points d'entrée pour les plus de deux millions de personnes qui sont arrivées dans le pays depuis le début de la guerre.

Des Ukrainiens vivant à l'étranger, des ressortissants de pays tiers et des volontaires locaux et internationaux se sont précipités à Mlyny pour apporter toute l'aide possible. Parmi eux se trouve Aurang Zeb Khan, étudiant en master venu en Pologne au début de la crise.

M. Khan aide sur un site de transit, un centre commercial réaménagé qui accueille principalement des femmes et des enfants, qui restent quelques jours, voire quelques heures, avant de reprendre leur voyage vers Varsovie et d'autres villes, en Pologne et au-delà.

« Je suis venu ici en Pologne le 4 mars pour aider les personnes fuyant la guerre en Ukraine, en particulier les ressortissants de pays tiers qui n'ont pas de passeport ukrainien, mais dont la vie a également été bouleversée par le conflit.

Les ressortissants de pays tiers sont ici confrontés à des défis supplémentaires. Au début, nous avons été témoins de discrimination parce qu'ils n'avaient pas droit au transport gratuit et à d'autres services.

Nous nous sommes donc concentrés sur l'aide au transport depuis un point de réception dans la ville de Mlyny, à la frontière sud-est avec l'Ukraine, pour les amener à la gare centrale de Varsovie, et de là vers d'autres pays d'Europe.

Nous les avons également mis en contact avec des familles en Pologne et en Allemagne qui souhaitaient les héberger et avec d'autres personnes qui leur ont proposé de les aider à les transporter vers leurs destinations. Au début de la guerre, la plupart des efforts pour aider les personnes fuyant le conflit étaient menés par des volontaires.

Mais malgré ces efforts, les ressortissants de pays tiers ont connu des difficultés. Je me souviens de trois types d'Inde, d'Afghanistan et du Pakistan, qui séjournaient dans une gare parce qu'ils n'avaient pas d'argent pour acheter des billets de train. J'en ai vu beaucoup d'autres, dont certains jeunes, qui ont eu des difficultés à s'inscrire dans leur pays d'accueil.

Maintenant, nous avons un bureau d'information dans ce centre de transit où je travaille avec deux fonctionnaires du ministère polonais des Affaires étrangères, qui fournissent une aide aux procédures d'asile pour ceux qui en ont besoin, ainsi que d'autres informations utiles.

« Personne ne s'attendait à ce que cela se produise en Europe »

La formation de l'OIM sur les premiers secours psychologiques est adaptée aux expériences des réfugiés. Pour ces personnes, tout s'est passé sous l'impulsion du moment. Personne ne s'attendait à ce que cela se produise en Europe.

En tant que bénévoles, nous sommes souvent confrontés à des situations stressantes. J'ai vu beaucoup de femmes et d'enfants pleurer tous les jours. Je me souviens que j'étais une fois à la gare centrale de Varsovie et j'ai vu quelqu'un pleurer très fort. Je voulais l'aider, mais je ne savais pas comment.

Au cours de la formation, nous avons appris à approcher les personnes dans le besoin sans leur causer plus de tort, en proposant simplement d'écouter et de se tenir à leurs côtés.

La formation porte également sur la santé des volontaires. Nous apprenons des mécanismes d'adaptation et des activités pour nous distraire. Des gens comme moi travaillent ici sans arrêt depuis près d'un mois, et nous ne prenons souvent pas le temps de penser à notre propre bien-être mental et physique.

Cette formation m'a donné beaucoup d'espoir et de confiance en tant que bénévole. Cela m'a donné l'impression que nous ne sommes pas seuls, que quelqu'un renforce notre capacité à faire le travail.

Je pense que maintenant je serai mieux équipé pour prêter main forte aux personnes fuyant la guerre, même si elles ont peut-être besoin de quelqu'un avec qui communiquer, qui comprend leurs besoins et peut leur faire savoir que quelqu'un se tient à leurs côtés ».

L'aide psychologique se focalise sur une assistance aux personnes qui ont subi des évènements suscitant un énorme stress.
© IOM/Jorge Galindo
L'aide psychologique se focalise sur une assistance aux personnes qui ont subi des évènements suscitant un énorme stress.

Premiers secours psychologiques en Pologne

  • M. Khan est l'un des 13 volontaires ayant participé à une formation aux premiers secours psychologiques organisée par l'OIM.
  • Les premiers secours psychologiques se concentrent sur une assistance pratique et émotionnelle humaine et solidaire aux personnes qui ont été récemment exposées à des événements très stressants. « Il s'agit du principe de "ne pas nuire", il est donc très important d'aider les volontaires à approcher les gens sans augmenter leurs vulnérabilités », déclare Heide Rieder, experte en santé mentale et soutien psychosocial de l'OIM.
  • Les participants sont venus des Pays-Bas, du Mexique, du Canada, de Pologne et du Pakistan. Au cours de la formation, ils ont appris des approches pour aider les gens en fonction du sexe, de l'âge, des besoins culturels spécifiques, entre autres.
  • L'OIM Pologne continue d'aider les personnes dans le besoin, notamment en fournissant des articles essentiels, des informations, des conseils et des services d'orientation.