Syrie : les réfugiés palestiniens dans le sud confrontés à des conditions désastreuses en raison des affrontements (UNRWA)

16 août 2021

Quelque 30.000 réfugiés palestiniens enregistrés dans le sud de la Syrie auprès de l'UNRWA sont devenus de plus en plus vulnérables, suite aux récents affrontements dans le gouvernorat de Dera et ses environs, avertit l'agence onusienne.

Les lourds bombardements et les affrontements qui ont eu lieu depuis le 29 juillet ont causé des pertes en vies humaines, des blessures et le déplacement de plusieurs centaines de familles vulnérables. Selon l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), créé à la suite du conflit israélo-arabe de 1948, environ un tiers des réfugiés palestiniens résidaient dans le camp de Dera avant le conflit.

Récemment, un petit nombre de réfugiés palestiniens sont retournés dans le camp, en raison du manque d'alternatives, a déclaré l'UNRWA. Cependant, ces dernières hostilités ont considérablement réduit sa capacité à fournir des services essentiels à une communauté très vulnérable, a averti l'agence.

Des conditions humanitaires « désastreuses »

Plus de 600 familles de réfugiés palestiniens (3.000 personnes) résident actuellement dans la zone du camp, dont plus de la moitié à l'intérieur du camp, déplacées en raison des récents affrontements. Les conditions humanitaires des familles restant à l'intérieur du camp sont désastreuses, a averti l'UNRWA.

Les stocks de médicaments et de nourriture, y compris le pain, sont épuisés depuis le 2 août, suite à la fermeture du principal point de passage humanitaire, Saraya, le 30 juillet. L'eau et l'électricité seraient également complètement coupées à l'intérieur du camp. Les réfugiés palestiniens qui vivent dans l'ouest de Dera ont également un accès limité aux services de l'UNRWA, car l'intensification des affrontements dans cette région a entraîné la fermeture du dispensaire de l'UNRWA à Muzeirib le 1er août.

Des besoins humanitaires immenses

Entre-temps, la demande de produits alimentaires et non alimentaires d'urgence et les risques accrus de contamination par des restes explosifs de guerre signifient que les besoins humanitaires des familles déplacées « sont immenses ».

Souvent, elles sont obligées de s'installer chez des proches, ce qui alourdit leur fardeau et augmente les risques liés à la propagation de la Covid-19, a noté l'agence des Nations Unies, ajoutant que la plupart des familles ont du mal à payer leur loyer ou vivent dans des maisons qui ont été endommagées ou partiellement détruites par les hostilités au cours de la dernière décennie.

La capacité des réfugiés palestiniens à quitter le camp de Dera a été sévèrement affectée par les affrontements, et leur accès aux services de l'UNRWA, tels que la nourriture et l'argent liquide, qui sont habituellement disponibles dans la ville de Dera, a été limité. La situation actuelle a également retardé le travail nécessaire pour préparer le retour des enfants dans les écoles de l'UNRWA. L'agence se dit également inquiète pour la sécurité de son personnel travaillant dans le gouvernorat de Dera.

Appels pour un accès sans entrave à l'aide humanitaire

L'UNRWA a demandé à toutes les parties au conflit de garantir un accès sans entrave à l'aide humanitaire dans la région, y compris l'accès aux services de l'UNRWA. L’Office a déclaré que le point de passage de Saraya, qui permet le passage des personnes et des marchandises, doit rester ouvert pour permettre aux réfugiés palestiniens d'accéder aux services de base.

 

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