Syrie : l’ONU s’inquiète de l’escalade des combats dans le sud-ouest du pays

27 juin 2018

Des responsables des Nations Unies ont prévenu ce mercredi le Conseil de sécurité des risques que fait peser l’escalade des combats dans le sud-ouest de la Syrie sur la population civile et la stabilité de la région.

L’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’est dit vivement préoccupé par la tournure des évènements dans le sud-ouest et a déclaré qu’on ne pouvait pas permettre que cette situation se transforme en une nouvelle Ghouta orientale ou Alep-est.

Il a aussi prévenu les membres du Conseil de sécurité qu’une escalade dans le sud-ouest représentait un risque significatif pour la stabilité de la région. Des frappes aériennes ont été signalées à l’aéroport de Damas, puis attribuées par les médias syriens à Israël.

Tout en soulignant que l’ONU n’est pas en mesure de confirmer cette information, il s’est inquiété à l’idée d’une bataille qui risquerait d’alimenter ces tensions. Il a exhorté l’ensemble des parties à tirer les enseignements de la Ghouta orientale et d’Alep.

M. de Mistura s’est par ailleurs dit préoccupé par l’impact de l’escalade militaire sur les efforts destinés à créer la Commission constitutionnelle. Il a indiqué que le gouvernement syrien avait fourni une liste de 15 personnes qui pourraient siéger au sein de cette Commission, y voyant « une étape importante du processus » politique et ajoutant que les encouragements de l’Iran avaient sans doute contribué à cette avancée.

De son côté, le Directeur de la Division de la coordination et des interventions au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), John Ging, a indiqué qu’entre 45.000 et 50.000 personnes ont été déplacées du fait des combats dans le sud-ouest, la plupart de l’est du gouvernorat de Deraa vers les zones frontalières avec la Jordanie.

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), le nombre de déplacés pourrait doubler si jamais les combats se poursuivaient. Des dizaines de civils auraient été tués, y compris des enfants, tandis que d’autres ont été blessés, a indiqué M. Ging devant le Conseil de sécurité.

En dépit des hostilités, les Nations Unies et leurs partenaires continuent d’apporter de la nourriture, des soins de santé, et d’autres services à plus de 400.000 personnes qui sont dans le besoin dans le sud de la Syrie, y accédant par la frontière jordanienne, a-t-il ajouté.

Une escalade supplémentaire des combats pourrait accroître de manière significative le nombre de déplacés et mettre à mal la capacité de l’ONU à conduire des opérations humanitaires transfrontières, a prévenu John Ging. Il a appelé les parties au conflit à mettre fin aux hostilités et à permettre que les opérations humanitaires transfrontières se poursuivent de manière durable, sûre et sans entrave.

De son côté, la Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Henrietta H. Fore, a dénoncé « l’horreur sans limite en Syrie », dans un communiqué de presse publié ce mercredi.

« Les enfants sont encore une fois pris dans la dernière vague de violence dans le sud-ouest. Les combats ont déplacé environ 20.000 enfants et leurs familles en seulement trois jours. Quatre enfants auraient été tués et beaucoup d'autres ont été blessés », a dénoncé Mme Fore.

« Les enfants et les familles ont besoin de nourriture, d'hygiène, de médicaments et de protection. Ceux qui souhaitent fuir devraient être autorisés à atteindre des refuges sûrs, loin des images et du bruit de la guerre », a-t-elle ajouté.

La chef de l’UNICEF a appelé les belligérants en Syrie à respecter le principe fondamental de la protection des civils dans les conflits et à toujours placer la sécurité et le bien-être des enfants au-dessus de tout.

 

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