Yémen : des progrès dans les négociations mais les combats se poursuivent sur fond de menace de la Covid-19

14 mai 2020

L’envoyé de l’ONU au Yémen, Martin Griffiths, a fait part jeudi de ses frustrations au Conseil de sécurité face aux lenteurs des négociations politiques alors que le pays est toujours confronté, au quotidien, aux hostilités et à la menace de la Covid-19.

A défaut de pouvoir rendre de compte de réussites, Martin Griffiths a au moins pu faire part de ses espoirs pour le Yémen lors de la réunion virtuelle du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la situation dans ce pays.

« C’est frustrant », a reconnu l’Envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen alors que le pays situé du sud de la péninsule arabique n’est pas épargné par la pandémie de Covid-19, ni par ses conséquences socio-économiques mondiales. Mais il a émis l’espoir de pouvoir montrer aux membres de l’organe onusien chargé de la paix et de la sécurité internationale « que la fin des combats au Yémen est à portée de main ».

« Les Nations Unies ont fourni une feuille de route. Il appartient à ceux qui disposent des armes et du pouvoir de prendre les décision pour la faire réussir », a dit M. Griffiths aux 15 membres du Conseil.

Suite à l’appel à un cessez-le-feu mondial du Secrétaire général de l’ONU, son Envoyé spécial s’est engagé dans d’intenses négociations avec les parties au conflit au Yémen, s’efforçant de trouver des points de convergences entre elles et de proposer des compromis. La dernière version des propositions faites par l’ONU était un « ensemble équilibré et réaliste », a estimé M. Griffiths.

« Nous avons constaté des progrès importants dans ces négociations, en particulier en ce qui concerne le cessez-le-feu. C'est l'élément le plus important. Il répond directement aux appels du peuple yéménite, qui a désespérément besoin de calme pour retourner dans sa vie », a-t-il dit.

Mais le cessez-le-feu à lui seul ne suffit pas, souligne l’envoyé onusien, précisant que des divergences persistent sur le volet humanitaire et économique du « paquet ». Les mesures socioéconomiques de tout accord sont nécessaire pour aider le Yémen à affronter la crise du Covid-19, insiste M. Griffiths. Nul ne sait vraiment le taux d’infection réel, vu le faible nombre de tests. Autre point de discorde entre les parties, la question de la libération des prisonniers qui n'est pas mise en oeuvre.

M. Griffiths estime toutefois que le gouvernement yéménite et les Houthis se sont engagés de façon « constructive, sérieuse et positive » sur les propositions faites par l’ONU. « Mais le peuple du Yémen a le droit de se sentir frustré par le rythme lent des négociations. Nous espérons que ces négociations se concluront bientôt sur un succès », a-t-il dit.

Car sur le plan militaire, la situation au Yémen demeure extrêmement préoccupante. Les hostilités se poursuivent à Marib et des combats intenses ont eu lieu dans les gouvernorats d’Al-Bayda et d’Al-Dali. A Hodeïda, les violations du cessez-le-feu continuent La situation dans le sud du pays est également extrêmement préoccupante où M. Griffiths craint qu’une « tempête parfaite soit sur le point de fermenter ».

L’Envoyé spécial estime que les propositions d’accords qu’il a mis sur la table des négociations permettrait de remettre le Yémen au commencement d’un chemin sur lequel les institutions étatiques du pays serviraient ses citoyens équitablement, plutôt que les intérêts restreints d’une élite politique appelée à résoudre leurs différends par le partenariat et le dialogue.

« Le résultat à venir est dans les mains des parties », a dit M. Griffiths. « Et ce Conseil (de sécurité) a un rôle vital à jouer pour les soutenir, et de façon plus importante le peuple yéménite, sur le chemin vers la paix ».

 

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