Syrie : face à une violence et à une instabilité alarmantes, l’envoyé de l’ONU appelle à changer la dynamique

29 août 2019

L’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie a souligné jeudi devant le Conseil de sécurité que la violence et l’instabilité dans ce pays étaient alarmantes et qu’il était nécessaire de changer la dynamique.

« L'ampleur de la violence et de l'instabilité en Syrie est extrêmement alarmante. Nous avons un nombre de morts sans cesse croissant parmi les civils ; des millions de personnes déplacées ; des dizaines de milliers de détenus et de disparus ; de grandes parties du territoire syrien fragmentées entre différents acteurs ; des confrontations entre Etats sur plusieurs axes ; un Daech renaissant qui intensifie ses attaques de guérilla ; et pas encore de lancement d'un véritable processus politique », a déclaré Geir O. Pedersen devant les membres du Conseil. « Cette dynamique peut et doit changer ».

Il a noté que dans le nord-ouest de la Syrie, en dépit d'une tentative par la Russie et la Turquie de rétablir le cessez-le-feu annoncé début août, les hostilités à Idlib et dans ses environs ont rapidement repris.

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Il a noté également que dans le nord-est, des tensions ont éclaté en juillet avec des concentrations de troupes du côté turc de la frontière. Des progrès dans les négociations américano-turques en août ont toutefois permis d'éviter un conflit.

Tensions entre l’Iran et Israël

L’envoyé de l’ONU a également fait part de son inquiétude concernant les tensions israélo-iraniennes. Israël a confirmé qu'il avait mené des frappes aériennes à la périphérie de Damas le 24 août. Israël a déclaré que son objectif était d'empêcher les attaques de drones planifiées depuis sur le sol syrien par des membres de la Force iranienne Al-Qods et des milices chiites en Syrie.

« Cette escalade est extrêmement préoccupante. J’exhorte toutes les parties à respecter la souveraineté de la Syrie et de tous les États de la région, en s’abstenant d’attaques et de provocations et en faisant preuve de la plus grande retenue », a déclaré M. Pedersen.

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L’envoyé de l’ONU a également noté que dans le sud-ouest de la Syrie, des informations faisant état de détentions, de manifestations, de disparitions et d'assassinats étaient une source de grave préoccupation.

Dans ce contexte, Geir O. Pedersen a rappelé que seuls un processus politique et une solution politique peuvent « restaurer la souveraineté de la Syrie, protéger les droits et l’avenir de tous les Syriens et commencer à remédier aux profondes divisions qui existent au sein de la société syrienne ».

Elaborer une nouvelle Constitution

L’Envoyé de l’ONU a souligné qu’il poursuivait ses efforts pour faciliter des négociations entre Syriens pour entamer un processus permettant d’élaborer une nouvelle Constitution.

A la suite de consultations avec le gouvernement syrien et l’opposition, il s’est dit plutôt optimiste sur le fait qu’il sera en mesure d'annoncer un accord avant l'Assemblée générale « sur un comité constitutionnel crédible, équilibré et inclusif », réuni sous les auspices de l'ONU à Genève et pouvant ouvrir la porte à un processus politique plus large.

Geir O. Pedersen a estimé que les acteurs internationaux ont également la responsabilité d'approfondir leur dialogue et de soutenir le processus facilité par l'ONU. Le mois qui vient sera, selon lui, crucial. Il a souhaité une finalisation du comité constitutionnel et que les principaux acteurs internationaux stabilisent la situation à Idlib et dans le nord-est du pays et soutiennent les efforts de l'ONU.

De son côté, le chef de l’humanitaire de l’ONU, Mark Lowcock, a noté que « dans trois semaines, cela fera un an que le mémorandum d’accord sur Idlib aura été signé, un accord appelant à la retenue et visant à empêcher toute nouvelle escalade dans le nord-ouest de la Syrie ».

« Pourtant, un an après, des bombardements et des combats se déroulent au quotidien. Trois millions de personnes - dont les deux tiers sont des femmes et des enfants - comptent sur votre soutien pour faire cesser cette violence », a-t-il dit aux membres du Conseil de sécurité.

 

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