Syrie : l’ONU condamne des frappes aériennes qui ont tué deux travailleurs humanitaires et un secouriste

15 août 2019

Un haut responsable humanitaire des Nations Unies en Syrie a condamné jeudi des frappes aériennes dans la région de Ma’arat Humeh, au sud d’Idlib, qui ont causé la mort de deux travailleurs humanitaires (un agent paramédical et un ambulancier) et d’un secouriste.

« Leur ambulance a été complètement détruite », a noté le Coordonnateur régional humanitaire adjoint pour la crise syrienne, Mark Cutts, dans une déclaration à la presse.

« L’attaque de mercredi souligne à nouveau l’horreur de ce qui se passe à Idlib et dans le nord de Hama, où trois millions de civils restent piégés et où les humanitaires, le personnel médical et les secouristes continuent de payer de leur vie en s’efforçant d’assister d’autres personnes », a-t-il ajouté.

Depuis la fin avril, au moins 42 attaques contre le secteur de la santé ont été signalées, touchant 36 établissements de santé et 7 ambulances. Parmi ces incidents, 11 se sont produits dans le gouvernorat de Hama, 28 à Idlib et 3 dans le gouvernorat d’Alep. Au total, au moins 17 agents de santé et patients ont été tués.

« Je condamne avec la plus grande vigueur cette dernière attaque - ainsi que toutes les attaques contre des civils et des biens civils. Je continue d'appeler toutes les parties au conflit à respecter et à protéger le personnel médical et humanitaire, leurs moyens de transport, leur matériel et leurs biens, ainsi que les hôpitaux et autres installations médicales, conformément au droit international humanitaire et à la résolution 2286 du Conseil de sécurité des Nations Unies qui concerne spécifiquement la protection des civils dans les conflits armés et la protection du personnel médical et humanitaire dans les zones de conflit », a déclaré Mark Cutts.

Le responsable humanitaire a noté que le nombre de victimes civiles augmente chaque jour alors que les combats se poursuivent à Idlib et dans le nord de Hama. Les Nations Unies ont documenté plus de 500 décès de civils rien qu’au cours des trois derniers mois et demi. « La plupart de ces morts sont le résultat de la campagne incessante de frappes aériennes du gouvernement syrien et de ses alliés », a-t-il déclaré.

« Chaque jour, des humanitaires et des secouristes risquent leur vie pour aider des civils bloqués dans cette zone, notamment des femmes et des enfants, des malades, des personnes âgées et des personnes handicapées. Ils extraient des personnes sous les décombres, transportent à l’hôpital des civils blessés, fournissent des soins médicaux et aident ceux qui fuient. Mais personne n'est en sécurité. Au contraire, ceux qui risquent tout pour aider certaines des personnes les plus vulnérables du monde sont eux-mêmes attaqués », a dénoncé Mark Cutts.

 

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