Syrie : l’ONU crée un comité d’enquête sur les incidents survenus dans la zone de désescalade d’Idlib

1 août 2019

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a décidé de créer un comité d'enquête chargé d'examiner une série d'incidents survenus au nord-ouest de la Syrie depuis la signature du mémorandum sur la stabilisation de la situation dans la zone de désescalade d'Idlib entre la Russie et la Turquie le 17 septembre 2018.

« L'enquête portera sur la destruction ou les dégâts causés aux installations figurant sur la liste de désescalade et aux installations soutenues par l'ONU dans la région », a précisé son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans une déclaration à la presse publiée jeudi.

Le Comité d’enquête interne du siège des Nations Unies examinera les faits concernant ces incidents et fera rapport au Secrétaire général à la fin de ses travaux.

« Le Secrétaire général exhorte toutes les parties concernées à coopérer avec le Comité une fois celui-ci mis en place », a souligné son porte-parole.

Mardi, le chef des affaires humanitaires de l’ONU, Mark Lowcock, a dénoncé devant les membres du Conseil de sécurité l’inaction de ces derniers face au « carnage » en cours à Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie.

« Depuis plus de 90 jours, les bombardements et le pilonnage du gouvernement de la Syrie, soutenu par la Fédération de Russie, ont produit un carnage dans la zone dite de désescalade d’Idlib », a déploré M. Lowcock. Un carnage et une indifférence de la communauté internationale qu’avait déjà dénoncé la cheffe des droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, vendredi dernier.

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Devant le Conseil de sécurité, Mark Lowcock a réfuté les informations du gouvernement syrien selon lesquelles des groupes terroristes avaient pris le contrôle des hôpitaux d’Idlib et qu’il n’y avait plus de réseaux d’ambulances dans la région.

Il a également rappelé au Conseil de sécurité le fonctionnement du système de désescalade à Idlib. Un système, par lequel les organisations humanitaires, principalement des ONG, transmettent à OCHA des informations identifiant les sites civils statiques et les mouvements humanitaires. Les Nations Unies partagent ensuite ces coordonnées avec les forces de la coalition internationale, la Turquie et la Russie.

« Savoir si les informations fournies à travers le système de désescalade sont utilisées par les parties pour protéger les installations civiles des attaques ou pour les prendre pour cible est une question extrêmement importante », a dit M. Lowcock, qui a demandé à la Russie de clarifier son utilisation des coordonnées qu’OCHA lui transmet.

OCHA a également demandé des explications aux parties au conflit au sujet de six attaques dans le nord-ouest de la Syrie en 2019 sur des sites censés être protégés par le système de désescalade. « Alors que nous avons reçu une réponse officielle de la Turquie, nous n'en avons pas reçu de la Fédération de Russie », a dit Mark Lowcock.

 

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