L'OMS demande une évaluation approfondie des conséquences des microplastiques sur la santé

21 août 2019

L’Organisation mondiale de la Santé appelle à mener une évaluation approfondie des microplastiques présents dans l’environnement et de leurs conséquences potentielles sur la santé humaine, suite à la publication d’une analyse de l’état de la recherche sur les microplastiques dans l’eau de boisson. L’OMS en appelle également à réduire la pollution par le plastique pour protéger l’environnement et réduire l’exposition humaine.

« Il est urgent d'en savoir plus sur l'impact des microplastiques sur la santé parce qu'ils sont partout - y compris dans l'eau que nous buvons », a déclaré le Dr Maria Neira, Directrice du Département de la santé publique, de l'environnement et des déterminants sociaux de la santé à l'OMS.

« D'après les informations limitées dont nous disposons, les microplastiques présents dans l'eau potable ne semblent pas poser de risque pour la santé aux niveaux actuels. Mais nous devons en savoir plus. Nous devons aussi stopper l'augmentation de la pollution plastique dans le monde entier », a-t-elle ajouté.

Selon l'analyse, qui résume les dernières connaissances sur les microplastiques dans l'eau potable, ceux d'une taille supérieue à 150 microns ne sont pas susceptibles d'être absorbés dans le corps humain et l'absorption de particules plus fines devrait être limitée.

L'absorption et la distribution de très petites particules microplastiques, notamment de nanoparticules, peuvent toutefois être plus élevées, bien que les données soient extrêmement limitées.

D'autres recherches sont nécessaires pour obtenir une évaluation plus précise de l'exposition aux microplastiques et de leurs effets potentiels sur la santé humaine.

Il s'agit notamment de mettre au point des méthodes standardisées pour mesurer les particules microplastiques dans l'eau, d'approfondir les études sur les sources et la présence des microplastiques dans l'eau douce et sur l'efficacité des différents procédés de traitement.

L'OMS recommande aux fournisseurs d'eau de boisson et aux organismes de réglementation de donner la priorité à l'élimination des agents pathogènes microbiens et des produits chimiques qui présentent des risques connus pour la santé humaine, tels que ceux qui causent des maladies diarrhéiques mortelles.

Une telle élimination présente un double avantage : les systèmes de traitement des eaux usées et de l'eau potable qui traitent les matières fécales et les produits chimiques sont également efficaces pour éliminer les microplastiques.

Le traitement des eaux usées permet d'éliminer plus de 90% des microplastiques des eaux usées, l'élimination la plus importante provenant d'un traitement tertiaire comme la filtration.

Le traitement conventionnel de l'eau potable permet d'éliminer les particules de moins d'un micron. Une proportion importante de la population mondiale ne bénéficie pas actuellement d'une eau suffisante et d'un approvisionnement en eau adéquat et d’un traitement des eaux usées.

En s'attaquant au problème de l'exposition humaine à l'eau contaminée par des matières fécales, les communautés peuvent s'attaquer simultanément aux problèmes liés aux microplastiques, fait valoir l’OMS.

 

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