L’OMM et l’OMS unis pour combattre les risques environnementaux sur la santé

31 mai 2018

Face à l'impact croissant des phénomènes météorologiques extrêmes, du changement climatique et de la pollution atmosphérique, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont convenu d'intensifier leurs actions conjointes pour s'attaquer aux risques environnementaux responsables de 12,6 millions de décès chaque année.

Un nouveau cadre de collaboration sur le climat, l'environnement et la santé a été signé le 30 mai par le Secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas, et le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS. Cette collaboration fait suite au lancement d'une coalition mondiale entre l'OMM, l'OMS et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) le 24 mai lors de l'Assemblée mondiale de la Santé à Genève.

« Chaque année, plus de 12 millions de personnes meurent des risques cachés dans notre environnement, transportés par l'air que nous respirons, l'eau que nous buvons, ou les produits chimiques invisibles auxquels nous sommes trop souvent exposés », a déclaré le Dr Tedros dans un communiqué.

« En outre, un climat changeant nous expose à des conditions météorologiques plus extrêmes, y compris les tempêtes, les sécheresses et les changements de modèles de maladies infectieuses. C'est pourquoi nous nous associons à d'autres agences des Nations Unies pour intensifier nos actions visant à s'attaquer aux causes environnementales profondes des problèmes de santé », a expliqué le chef de l'OMS.

Utiliser les données météorologiques et climatiques pour mieux évaluer les risques

L'accord engage l'OMM et l'OMS à accélérer les mesures visant à améliorer les résultats en matière de santé grâce au développement et à l'utilisation de « services météorologiques et climatologiques pertinents et faisant autorité en matière de composition atmosphérique et hydrologique et de services opérationnels ».

Il met l'accent sur le renforcement de la compréhension et de la gestion des risques pour la santé associés aux phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes et aux changements climatiques à long terme. Cela inclut un meilleur accès et une meilleure utilisation des données météorologiques et climatiques pour l'évaluation des risques, la planification de l'adaptation et le développement de services adaptés.

Le cadre accorde également la priorité à l'amélioration de la surveillance et de la gestion des risques pour la santé liés à l'environnement, tels que les rayonnements UV, la qualité de l'air dangereux et l'eau. Cela facilitera une coordination plus étroite entre les services météorologiques, qui surveillent et prévoient la qualité de l'air, et les autorités sanitaires, qui traitent de l'impact de l'exposition humaine aux polluants.

L’objectif global est de promouvoir des politiques et des pratiques bénéfiques pour la santé publique et qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre.

Une attention particulière aux pays en développement, notamment les petits États insulaires

Ce nouvel accord entre l'OMS et l'OMM est aligné sur le programme international sur le développement durable, la réduction des risques de catastrophe et l'adaptation au changement climatique. Il accorde une attention particulière aux populations les plus vulnérables des pays en développement, des petits États insulaires en développement et des zones urbaines.

Le Dr Taalas a cité l'exemple de l'ouragan Maria, qui a officiellement causé la mort de 64 personnes à Porto Rico. Selon une nouvelle étude de l'Université Harvard, l'ouragan était en réalité lié à 4.645 décès supplémentaires - plus de 70 fois l'estimation officielle - en raison de l'effondrement des soins de santé, de l'électricité et des infrastructures.

« Cela démontre que, outre le bilan immédiat des victimes, les catastrophes ont un impact à long terme sur la santé humaine », a déclaré le Dr Taalas. « C'est la raison pour laquelle l'OMM encourage les services d'alerte rapide multirisques contre les événements à fort impact, tels que les cyclones tropicaux qui entraînent de multiples risques en cascade ».

Par ailleurs, « de nombreuses maladies à transmission vectorielle comme le paludisme et la dengue dépendent des précipitations et de la température », a expliqué le chef de l’OMM. « La mise à disposition de services climatologiques tels que les perspectives saisonnières est essentielle pour prévenir et gérer ces maladies sensibles au climat », a dit le Dr Taalas, ajoutant également que les alertes de sur la chaleur sont de plus en plus utilisés comme un outil pour réduire l'impact des vagues de chaleur sur la santé.

Le cadre convenu formalise des décennies de collaboration entre l'OMS et l'OMM. Les deux agences onusiennes genevoises ont déjà un bureau commun pour le climat et la santé.

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