Conflit israélo-palestinien : l’ONU s’inquiète de la montée de l’extrémisme et des risques de guerre

20 février 2019

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée mercredi à la situation au Moyen-Orient, l’envoyé de l’ONU dans la région, Nickolay Mladenov, s’est inquiété de la montée de l’extrémisme et des risques de guerre entre Israéliens et Palestiniens.

« La perspective d'une paix durable s'estompe de jour en jour à mesure que le spectre de la violence et du radicalisme se développe », a dit M. Mladenov, qui est le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient.

« Nous travaillons d'arrache-pied pour préserver cette perspective alors que la dégradation de la réalité sur le terrain érode systématiquement la viabilité de la solution à deux États. Les extrémistes ont à nouveau le vent en poupe et le risque de guerre continue de peser lourd. Pour que les Israéliens et les Palestiniens se remettent sur la voie d’un règlement pacifique du conflit, la première chose requise est le leadership », a-t-il ajouté devant les membres du Conseil.

Selon M. Mladenov, « les mesures unilatérales, la violence persistante, les pressions financières et l’absence de progrès sur la voie de la paix pèsent lourdement sur la société palestinienne et sapent les fondements de la paix ».

Photo : ONU / Loey Felipe
Nickolay Mladenov (à l'écran), Coordonnateur spécial de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, informe le Conseil de sécurité des Nations Unies.

En 2018, l'Autorité palestinienne avait un déficit budgétaire d'environ 1,04 milliard de dollars, dont plus de 60% étaient couverts par l'aide des donateurs. Ce déficit devrait augmenter en 2019 en raison du retrait de fonds importants des donateurs et de la détérioration de la situation économique.

Selon l’envoyé de l’ONU, parallèlement à ces développements inquiétants, et malgré les efforts concertés déployés par l’Égypte pour réunir les factions palestiniennes, les récentes mesures politiques prises par les Palestiniens pourraient encore creuser le fossé grandissant entre la Cisjordanie et Gaza.

L’ONU et ses partenaires ont formulé une série de recommandations « qui, si elles étaient appliquées efficacement, commenceraient à créer un environnement propice à la reprise des négociations », a estimé M. Mladenov.

« Nous avons préconisé un engagement renforcé en faveur d’accords bilatéraux ; nous mettons en œuvre une série d'interventions humanitaires visant à stabiliser la bande de Gaza, à soutenir la réconciliation palestinienne et, à terme, à lever les bouclages ; et nous avons continué à souligner que les recommandations du rapport du Quartet de 2016 restent profondément pertinentes », a-t-il dit. « Ce qu'il faut avant tout, c'est le leadership nécessaire et la volonté politique de changement. Tant que cette volonté ne sera pas trouvée, Palestiniens et Israéliens continueront de glisser vers une zone de plus en plus dangereuse ».

« Le système de santé à Gaza risque de s'effondrer »

Devant le Conseil de sécurité, la Sous-Secrétaire générale aux affaires humanitaires (OCHA), Ursula Mueller, a noté pour sa part que la situation humanitaire dans le Territoire palestinien occupé, en particulier dans la bande de Gaza, s'était détériorée en 2018.

« Cela inclut une augmentation du nombre de victimes liées aux manifestations à la barrière de Gaza, des restrictions à la circulation des personnes et des biens et des restrictions financières », a-t-elle dit devant les membres du Conseil de sécurité. « Le système de santé à Gaza risque de s'effondrer », a-t-elle ajouté.

Photo : ONU / Loey Felipe
Ursula Mueller, Sous-Secrétaire générale de l'ONU aux affaires humanitaires au Conseil de sécurité

Selon Mme Mueller, alors que la situation humanitaire en Cisjordanie est moins grave, de nombreuses familles et communautés palestiniennes de la zone C, de la ville d'Hébron et de Jérusalem-Est sont confrontées à des pressions croissantes.

« Les démolitions, les expulsions, les restrictions de mouvement et d'accès et la montée de la violence liée aux colons continuent de créer un environnement propice à un transfert forcé de nombreux Palestiniens », a-t-elle dit.

La responsable d’OCHA a également noté que parallèlement à la dégradation des conditions humanitaires, la capacité de la communauté humanitaire à fournir de l'aide est de plus en plus contrainte.

« L'année dernière, le financement était à son niveau le plus bas : l'appel lancé en 2018 pour le territoire palestinien occupé n'a été financé qu'à hauteur de 46%, ce qui est inférieur à la moyenne mondiale de 60%. Cela reflète non seulement les coupes opérées pour l'UNRWA, le plus important fournisseur d'aide humanitaire dans le Territoire palestinien occupé, mais également pour d'autres agences des Nations Unies et ONG, réduisant ainsi leur capacité à fournir de l'aide », a souligné Mme Mueller.

 

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