Gaza est la zone la plus instable mais le risque d’explosion s’est aussi intensifié en Cisjordanie (ONU)

18 décembre 2018

L’envoyé de l’ONU pour le Moyen-Orient a dénoncé mardi les récentes violences entre Israéliens et Palestiniens et déploré l’absence d’efforts de la communauté internationale pour résoudre le conflit.

Devant le Conseil de sécurité, Nickolay Mladenov a mis en garde contre la « dangereuse escalade » des attaques terroristes, des affrontements et des violences en Cisjordanie, se disant alarmé de la hausse des incidents qui ont provoqué la « mort tragique » de civils israéliens et palestiniens et de soldats israéliens. 

« Bien que Gaza ait été la zone plus instable, le risque d’explosion en Cisjordanie s’est également intensifié au cours des derniers mois », a alerté le Coordonnateur spécial. Les mesures de sécurité prises à la suite de ces incidents, les opérations de recherche dans Ramallah, ainsi que les affrontements et manifestations qui dégénèrent en violences, ont ravivé des tensions déjà fortes.

La période récente a été de nouveau marquée par une forte escalade à Gaza, qui a pratiquement amené Israël et le Hamas à la guerre, s’est alarmé M. Mladenov. Après avoir énuméré tous les incidents provoqués de part et d’autre, l'envoyé onusien a indiqué que le Hamas avait continué de recourir à une « rhétorique incitative et incendiaire », y compris sur les réseaux sociaux. Les responsables israéliens ont également fait des déclarations « provocatrices et très problématiques », de nature à mettre en péril la solution des deux États, a-t-il ajouté.

Au total, 75 Palestiniens ont été tués par les forces de sécurité israéliennes, y compris au cours de manifestations, d’affrontements, de frappes aériennes, d’opérations de sécurité et autres incidents. Et sept Israéliens, dont trois soldats et quatre civils, ont été tués par des Palestiniens lors d’attaques en Cisjordanie et d’une opération militaire à Gaza.

Ces violences et tensions croissantes alimentent un climat de haine et de peur et éloignent les Israéliens et les Palestiniens d'une résolution du conflit, a déclaré M. Mladenov, soulignant qu'il ne pouvait y avoir « aucune justification » pour des actes brutaux, tels que la mort « déchirante » d'un bébé israélien ou le meurtre d'une femme palestinienne par lapidation. De tels actes « nourrissent la méfiance et la haine », a-t-il ajouté, appelant toutes les parties prenantes à « se joindre à l'ONU pour les condamner sans équivoque ».

Devant les 15 membres du Conseilde sécurité, l'envoyé onusien s’est déclaré préoccupé par l'affaiblissement du consensus international et l’absence d’efforts collectifs pour mettre fin à l’occupation et à parvenir à la résolution négociée du conflit israélo-palestinien.

« À la fin de 2018, nous sommes loin de toute relance des efforts pour trouver une solution négociée », a déploré M. Mladenov, prévenant qu’« en l’absence d’horizon politique, tous nos efforts collectifs et individuels ne font que contribuer à la gestion du conflit plutôt qu’à sa résolution ».

 

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