L'Assemblée générale adopte une Déclaration interdisant le clonage contraire à la « dignité humaine »

L'Assemblée générale adopte une Déclaration interdisant le clonage contraire à la « dignité humaine »

L'Assemblée générale
C'est finalement une Déclaration non contraignante qui a été adoptée aujourd'hui par l'Assemblée générale de l'ONU sur la question du clonage, invitant les Etats Membres à prendre des mesures pour « protéger comme il convient la vie humaine » et à interdire les formes de clonage humain « incompatibles avec la dignité humaine ».

« Sur recommandation de sa Sixième Commission, chargée des questions juridiques, l'Assemblée générale a approuvé, ce matin, par 84 voix pour, 34 voix contre et 37 abstentions, la Déclaration des Nations Unies sur le clonage des êtres humains», indique un communiqué publié aujourd'hui à New York.

« L'Assemblée déclare ainsi solennellement que les États Membres sont invités à adopter toutes les mesures voulues pour protéger comme il convient la vie humaine dans l'application des sciences de la vie et à interdire toutes les formes de clonage humain dans la mesure où elles seraient incompatibles avec la dignité humaine et la protection de la vie humaine », indique le communiqué.

Les États Membres sont, en outre, invités à adopter les mesures voulues pour écarter le risque de l'exploitation des femmes dans l'application des sciences de la vie et à adopter et à appliquer sans délai une législation nationale donnant effet aux dispositions de la Déclaration, sur la base du texte déjà adopté par la Sixième Commission (voir notre dépêche du 22 février 2005).

Ce vote d'une déclaration juridiquement non contraignante, clôt quatre ans d'âpres négociations sur un projet de convention visant à interdire le clonage, achoppant principalement sur la question de l'interdiction du clonage thérapeutique.

En effet, toutes les délégations ont condamné sans équivoque le clonage à des fins de reproduction. Mais lors du vote, nombreuses sont celles qui ont défendu le clonage à des fins thérapeutiques.

« Le représentant de la Chine a ainsi jugé 'trop confus' le libellé de la Déclaration qui, parlant du terme vague de 'vie humaine', prétend interdire toutes les recherches sur le clonage à des fins thérapeutiques », tandis que « les mérites de cette technique et la 'révolution médicale' qu'elle promet ont également été reconnus par le représentant de l'Inde, qui a nié à la Déclaration tout caractère contraignant.

Illustrant les divisions suscitées par cette question, le représentant de la Norvège, opposé pourtant à toutes les formes de clonage, a justifié son vote négatif en invoquant « l'inutilité d'un texte non contraignant », alors que pour sa part, la Représentante de la France a regretté « l'incapacité de l'Assemblée générale à adresser un message universel sur une question aussi vitale ».