L’ONU salue les condamnations pour un massacre commis en République centrafricaine en 2019

Une audience de la Cour pénale spéciale de la République centrafricaine.
Photo MINUSCA
Une audience de la Cour pénale spéciale de la République centrafricaine.

L’ONU salue les condamnations pour un massacre commis en République centrafricaine en 2019

Paix et sécurité

Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, et le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, ont salué mercredi la condamnation de trois membres du groupe armé Retour, Réclamation et Réhabilitation (3R) pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre en raison de leur rôle dans le massacre de 46 civils en 2019 et d’autres abus graves commis en République centrafricaine.

Les trois accusés - Issa Sallet Adoum (alias Bozizé), Mahamat Tahir et Yaouba Ousman - ont été reconnus coupables le 31 octobre et condamnés à des peines d’emprisonnement allant de 20 ans de réclusion à la perpétuité pour les homicides et autres crimes commis à Lemouna et Koundjili, dans le nord-ouest du pays.

Antonio Guterres, chef des Nations Unies, a déclaré aujourd’hui que « ce procès est une étape importante dans les efforts de la République centrafricaine pour traduire en justice les responsables de crimes graves, ce qui est crucial pour lutter contre l’impunité, briser les cycles de violence et contribuer à la justice transitionnelle ».

Premier jugement historique pour la Cour pénale spéciale

Pour sa part, Volker Turk a rappelé qu'il s'agit « d’un premier jugement historique de la Cour pénale spéciale pour les crimes internationaux tels que définis par le droit de la République centrafricaine, qui montre la capacité des tribunaux centrafricains, assistés par la communauté internationale, à traiter les crimes les plus graves subis par son peuple ».

« Bien qu’il puisse faire l’objet d’un appel, le verdict est une étape importante dans la lutte contre l’impunité dans le pays, a-t-il ajouté. C’est un avertissement important adressé aux autres auteurs qu'il seront un jour eux aussi traduits en justice pour les crimes commis par eux ou par leurs subordonnés. »

Une reconnaissance importante des victimes

Le Haut-Commissaire a particulièrement souligné que la Cour avait reconnu que les viols participaient d’une attaque généralisée et systématique contre des civils, et que leurs auteurs en étaient pleinement conscients.

 « Il s’agit d’une reconnaissance importante des victimes de violences sexuelles dans cette affaire et dans le conflit en général », a déclaré le Haut-Commissaire, qui a réaffirmé le soutien de l'ONU à la Cour pénale spéciale de la République centrafricaine, notamment par l’intermédiaire de la Division des droits de l’homme de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine, la MINUSCA.