Des mères déplacées avec leurs enfants font la queue devant une clinique mobile dans la ville de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie.

Syrie : l’UNICEF rencontre les enfants survivants de l’attaque d’une prison par Daech

© UNICEF
Des mères déplacées avec leurs enfants font la queue devant une clinique mobile dans la ville de Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie.

Syrie : l’UNICEF rencontre les enfants survivants de l’attaque d’une prison par Daech

Paix et sécurité

Des mineurs sont encore détenus dans une prison du nord-est de la Syrie attaquée en janvier par le groupe djihadiste Etat islamique (EI), appelé aussi Daech, puis reprise par les forces kurdes, a indiqué le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, alertant sur la précarité de leur condition.

« L’UNICEF a rencontré certains des enfants encore détenus dans le centre de détention de Ghwayran, à Hasakeh, dans le nord-est de la Syrie », a déclaré dimanche soir dans un communiqué l’UNICEF, première agence onusienne autorisée à visiter la prison depuis l’attaque.  

Les enfants associés à des groupes armés et recrutés par eux doivent toujours être traités comme des victimes du conflit.

Selon l’agence onusienne, pendant au moins dix jours, les enfants qui vivent dans des « conditions désastreuses » dans le centre de détention de Ghwayran, pour beaucoup depuis des années, ont été témoins et ont survécu à une violence accrue dans et autour de la prison suite à l’attaque de la mi-janvier.

« Malgré certains services essentiels désormais garantis, la situation de ces enfants est incroyablement précaire », a déclaré dans un communiqué le Représentant de l’UNICEF en Syrie, Bo Viktor Nylund, sans préciser le nombre de mineurs encore détenus. 

Prise en charge

Les enfants n’auraient jamais dû se trouver là en premier lieu, dénonce le Fonds. 

L’UNICEF travaille actuellement à assurer immédiatement la sécurité et la prise en charge des enfants. Dans le même temps, l’agence invite toutes « les parties prenantes à trouver d’urgence des solutions à long terme dans l’intérêt supérieur des enfants ». 

Selon les médias, la prison de fortune, dans la ville de Hasakeh, qui a été attaquée le 20 janvier par des hommes armés de l’Etat islamique, détenait environ 4.000 combattants présumés de l’Etat islamique et plus de 700 mineurs. 

L’UNICEF confirme qu’il est prêt à aider à soutenir un nouveau lieu sûr dans le nord-est de la Syrie pour prendre en charge les enfants les plus vulnérables - dont certains n’ont que 12 ans. 

« Les enfants ne devraient jamais être en détention en raison de leur association avec des groupes armés », a affirmé Bo Viktor Nylund, relevant que « les enfants associés à des groupes armés et recrutés par eux doivent toujours être traités comme des victimes du conflit ». 

L’UNICEF se dit prêt à faciliter le rapatriement rapide et systématique des enfants étrangers et la réintégration des enfants en Syrie dans leurs communautés d’origine.

Rapatrier les enfants étrangers « de toute urgence »

Selon l’UNICEF, près de 10.000 enfants et leurs mères se trouvent dans des centres de détention ou dans les camps d’Al-Hol et de Roj en Syrie. Ils viennent de plus de 60 pays et « luttent pour survivre dans des conditions difficiles et dans un hiver rigoureux ». 

L’UNICEF continue de demander la libération immédiate des enfants de la prison de Ghwayran et de tous les centres de détention du nord-est de la Syrie, et leur remise aux acteurs de la protection de l’enfance. 

Le Fonds appelle les États membres des enfants étrangers « à rapatrier ces enfants de toute urgence, conformément à leur intérêt supérieur ».

Il est temps d’agir, a estimé l’UNICEF, d’autant que pour les dizaines de milliers d’enfants bloqués dans le nord-est de la Syrie, « chaque jour compte ». 

Pour le Représentant le rythme actuel de rapatriement et de réintégration des enfants bloqués dans le nord-est de la Syrie « est beaucoup trop lent », et la situation « inacceptable ».