Des experts de l'ONU sur les personnes d'ascendance africaine en visite en France pour évaluer la situation

27 décembre 2021

Le Groupe de travail sur les personnes d'ascendance africaine s’est rendu à Paris, en France, du 13 au 16 décembre pour évaluer et mieux comprendre la situation des personnes d'ascendance africaine dans le pays. 

Cette visite préparatoire va aussi fournir des conseils pour aider les personnes d’ascendance africaine et les parties prenantes concernées, à protéger leurs droits humains et à soutenir leur intégration dans l'effort de développement du pays. 

Au cours de la mission, les experts des droits de l'homme se sont entretenus avec les institutions des droits de l'homme, l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culturel (UNESCO) et un large éventail de représentant de la société civile au fait du contexte de développement économique et social.

Contrairement aux visites de pays par les procédures spéciales des Nations Unies, qui ont lieu à l'invitation du gouvernement hôte et se concentrent sur l'établissement des faits, le diagnostic et les recommandations, cette visite de travail visait à examiner et à comprendre les potentialités et obstacles existants à la réalisation des objectifs de développement durable des Nations Unies spécifiques aux personnes d'ascendance africaine, y compris l'invisibilité ou le mépris des expériences actuelles qui peuvent découler de l'héritage du colonialisme et de la traite des Africains réduits en esclavage. 

Cette visite a également été l'occasion de proposer des leviers de développement spécifiques que l'Etat pourrait utiliser pour promouvoir des améliorations. À cette fin, l'exercice a été guidé par les Directives opérationnelles du groupe de travail sur l'inclusion des personnes d'ascendance africaine dans le Programme 2030.

« L’UNESCO à travers son leadership réfléchi dans le cadre du projet ‘La route de l'esclave’, a été un facilitateur essentiel et une source d'apprentissage et de connaissances au cours de cette visite, et a permis de faire la lumière sur les questions héritées du passé qui sont à l’origine des expériences actuelles rapportées par les personnes d'ascendance africaine », a déclaré Dominique Day, présidente du Groupe de travail d'experts des Nations Unies sur les personnes d'ascendance africaine.

Partager les observations recueillies

Bien que le Groupe de travail n'ait pas rencontré à ce stade de représentants du gouvernement français, il partagera avec lui les observations recueillies lors de cette visite en vue d’initier un dialogue fondé sur les engagements du pays en matière de droits humains. « La France ne doit pas perdre une opportunité économique de bénéficier du potentiel démontré des personnes d'ascendance africaine », a-t-elle indiqué.

« En dépit d'un récit de méritocratie, des individus à différents stades de leur développement éducatif ont déclaré que la bénédiction des gardiens institutionnels était indispensable à l'accès et à la reconnaissance, même en présence de compétences et de talents significatifs », a déclaré Mme Day.  

« Ce contrôle racialisé de l’accès aux opportunités est contraire aux droits humains, impose des coûts de développement élevés aux personnes d'ascendance africaine individuellement et dans leur ensemble, et prive la France d'un moteur économique éprouvé dans de multiples domaines », a-t-elle ajouté.

La délégation a salué les efforts en cours dans certains domaines visant à faire la lumière sur les principaux obstacles rencontrés et à créer des réseaux pour garantir l’accès des personnes d'ascendance africaine aux mécanismes formels et informels nécessaires à leur embauche et à leur développement professionnel. 

Le Groupe de travail partagera ses observations préliminaires avec le gouvernement français et proposera d'engager un dialogue dans le cadre d'une visite officielle dans le pays.

Le Groupe de travail sur les personnes d'ascendance africaine est composé de : Mme Dominique Day (Etats-Unis) présidente-rapporteure en exercice, Mme Catherine Namakula (Ouganda), Mme Miriam Ekiudoko (Hongrie), Mme Barbara Reynolds (Guyana) et M. Sushil Raj (Inde).

NOTE :

Les Experts indépendants font partie de ce qui est désigné sous le nom des 'procédures spéciales' du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, l’organe le plus important d’experts indépendants du Système des droits de l’homme de l’ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d’enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s’adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde. Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole ; ils ne font pas partie du personnel de l’ONU et ils ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants des gouvernements et des organisations et ils exercent leurs fonctions à titre indépendant. 

 

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