Pour l’ONU, le racisme envers les personnes d’ascendance africaine doit être combattu de manière globale

22 juillet 2021

Deux hauts responsables des Nations Unies ont appelé, jeudi, les Etats membres à combattre le racisme à l’égard des personnes d’ascendance africaine dans sa globalité.

Les Nations Unies ont lancé le 1er janvier 2015 la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine dans la lignée de la Déclaration de Durban de 2001. Cinq ans plus tard, les Etats membres de l’ONU, réunis en Assemblée générale, ont fait le point sur les actions qu’ils ont entreprises pour améliorer la visibilité des personnes d’ascendance africaine et contribuer à un progrès substantiel dans la promotion et la protection de leurs droits.

Il y a vingt ans, la Déclaration de Durban soulignait les obstacles à la reconnaissance des personnes d’ascendance africaine : un manque flagrant de volonté politique, une législation faible, un manque de stratégies de mise en œuvre et d'action concrète de la part des États, ainsi que la prévalence d'attitudes racistes et de stéréotypes négatifs.

« Si nous n'abordons pas toutes ces questions de manière globale, nos efforts ne produiront pas les résultats souhaités de reconnaissance, de justice et de développement pour les personnes d'ascendance africaine », a déclaré jeudi le Président de l’Assemblée générale, Volkan Bozkir, lors de la réunion passant en revue les efforts entrepris lors de la première moitié de cette décennie.

Malgré les mesures prises par plusieurs pays ces cinq dernières années, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a cependant regretté « qu'aucun État n'ait encore adopté de mesures globales qui reconnaissent, traitent ou atténuent suffisamment les crimes du passé et leur héritage vivant de discrimination, d'exploitation et de souffrance ».

Selon elle, il reste encore beaucoup de travail à faire sur toutes ces questions. « Nous ne pouvons pas démanteler des siècles de racisme en une décennie », a-t-elle déclaré.

Les personnes d'ascendance africaine continuent de souffrir d'une plus grande pauvreté. « Elles subissent des violences inacceptables, y compris de la part de la police. Elles s'appuient sur des services d'infrastructure de base souvent inadéquats ; manquent de manière disproportionnée d'un accès adéquat à des services d'éducation, de santé et de protection sociale de qualité et sont moins susceptibles que les autres de trouver un travail décent », a rappelé Mme Bachelet. Les obstacles aux droits fondamentaux des personnes d'ascendance africaine sont davantage accrus par l'intersectionnalité, les femmes, en particulier, étant obligées de subir de multiples formes de discrimination.

Des personnes manifestent à Londres en soutien à Black Lives Matter (juin 2020).
Unsplash/James Eades
Des personnes manifestent à Londres en soutien à Black Lives Matter (juin 2020).

Les personnes d'ascendance africaine deux fois plus susceptibles de mourir des suites de la Covid-19

« Alors que nous sommes confrontés à une pandémie de santé mondiale, nous ne pouvons oublier que les personnes d'ascendance africaine dans le monde ont moins accès aux soins de santé et sont vulnérables à des taux plus élevés d'infection à coronavirus et de mortalité associée », a, pour sa part, rappelé M. Vozkir.

« Dans certains contextes, les personnes d'ascendance africaine sont deux fois plus susceptibles de mourir des suites de la Covid-19 que leurs pairs. Je le répète : deux fois plus susceptibles », a insisté le Président de l’Assemblée générale.

Plus tôt ce mois-ci, Mme Bachelet a présenté au Conseil des droits de l'homme  des Nations Unies un programme en quatre points sur le changement transformateur vers la justice raciale et l'égalité. Le programme formule des recommandations urgentes pour démanteler le racisme systémique et garantir la responsabilité des responsables de l'application des lois et du système de justice pénale. Il ajoute des mesures concrètes pour s'assurer que les préoccupations des personnes d'ascendance africaine et de tous ceux qui se dressent contre le racisme soient entendues et prises en compte, que les héritages soient confrontés, y compris par le biais de la responsabilisation.

Pour le Président de l’Assemblée générale, une plus grande place doit être faite aux personnes d'ascendance africaine dans les processus de décision et d'élaboration des politiques, pour veiller à ce que leurs besoins soient pris en compte et traduits en politiques et programmes dotés de ressources et réalisables et que leurs droits respectés.

« Il n'y a pas de temps a perdre. Nous devons prendre des mesures urgentes maintenant, si nous voulons améliorer les perspectives de la prochaine génération : les enfants d'ascendance africaine, qui ont déjà moins de chances d'avoir accès à une éducation de qualité que leurs pairs », a-t-il ajouté. Il a par ailleurs rappelé que la « réunion de notre humanité commune » a présidé à la création des Nations Unies il y a trois quarts de siècle. « C'est notre humanité partagée qui nous permettra de combattre l'une des grandes injustices de la société moderne : la discrimination raciale », a-t-il assuré.

 

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