Covid-19 : la violence et la négligence ont augmenté pour les personnes âgées pendant le confinement, selon une experte

14 juin 2021

La violence, les abus et la négligence à l'égard des personnes âgées ont été mis en évidence lors de la pandémie Covid-19, a dénoncé Claudia Mahler, l'experte indépendante sur la jouissance de tous les droits de l'homme des personnes âgées, à  l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées, le 15 juin.

« Des rapports alarmants provenant de maisons de soins dans différentes parties du monde ont montré la négligence, l'isolement et le manque de services adéquats, y compris les soins de santé, les services sociaux et juridiques », a déclaré Mme Mahler dans un message.

Le confinement a entrainé un risque accru de violence

Selon l’experte, les mesures de confinement ont entraîné une augmentation de la violence sexiste et des risques accrus de violence, d'abus et de négligence à l'égard des personnes âgées confinées avec les membres de leur famille et les soignants.

Mme Mahler a indiqué que malgré l'inquiétude générale suscitée par la situation des personnes âgées pendant la pandémie, les difficultés et les obstacles rencontrés pour obtenir des réparations et des recours efficaces n'ont guère retenu l'attention.

Impunité des maisons de soins

Des pratiques inquiétantes ont été signalées, a ajouté l’experte, précisant que « les maisons de soins bénéficiaient d'une immunité de responsabilité civile pour les décès liés à la Covid-19 et mettaient en place des clauses contractuelles qui renonçaient au droit d'intenter une action en justice et faisaient de l'arbitrage la seule option en cas d'abus ou de mauvais traitements présumés ». 

Par ailleurs, les personnes âgées et leurs familles ont exprimé leur désespoir et leur frustration face au manque de transparence et de réactivité face aux plaintes déposées auprès des prestataires de services de soins aux personnes âgées, a signalé Mme Mahler.

Selon elle ces développements « compromettent l'accès des personnes âgées à la justice et à un recours efficace ».

Des attitudes âgistes fortement ancrées 

La dignité et les droits des personnes âgées n'ont pas de date d'expiration à l'âge adulte, a souligné Mme Mahler. 

« Les attitudes âgistes bien ancrées empêchent encore plus les personnes âgées de faire valoir leurs droits et sapent leur autonomie pour faire leurs propres choix et prendre leurs propres décisions », a dénoncé la défenseure des droits humains.

Mme Mahler a précisé que « l'accès à la justice englobe le droit à un procès équitable, l'égalité d'accès et l'égalité devant les tribunaux, ainsi que le droit de demander et d'obtenir des réparations justes et rapides en cas de violation des droits de l'homme ».

Aussi le manque d'informations et d'analyses détaillées limite la possibilité de révéler des schémas d'abus qui restent largement sous-déclarés et de déterminer les lacunes des interventions existantes, ainsi que d'identifier les actions concrètes nécessaires pour fournir une protection adéquate aux personnes âgées, a-t-elle développé.

Mettre en place des instruments de protection

L’experte a appelé à ne pas laisser les personnes âgées pour compte lorsqu'elles cherchent à obtenir des réparations et des voies de recours. Elle a exhorté les États « à adopter un instrument international contraignant en matière de droits de l'homme, ainsi qu'une législation et des mesures nationales, afin de garantir l'accès des personnes âgées à la justice dans le plein respect de leur autonomie ». 

Ces derniers devraient inclure la fourniture d'une aide juridique, des services de conseil et de soutien dédiés, des formats diversifiés et adaptés à l'âge pour partager des informations sur les droits et les mécanismes de plaintes juridiques, la réduction ou l'exemption des frais de litige, et une meilleure accessibilité, a conclu Mme Mahler.

 

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