Au moins 130 personnes mortes noyées dans un naufrage en Méditerranée centrale (OIM)

On craint la mort d'au moins 130 migrants en route pour l'Europe après que ce bateau chavire au large de la côte méditerranéenne libyenne.
SOS Méditerranée/Flavio Gasper
On craint la mort d'au moins 130 migrants en route pour l'Europe après que ce bateau chavire au large de la côte méditerranéenne libyenne.

Au moins 130 personnes mortes noyées dans un naufrage en Méditerranée centrale (OIM)

Migrants et réfugiés

Au moins 130 personnes seraient mortes dans un naufrage en mer Méditerranée centrale, a déclaré vendredi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

« Au cours des trois derniers jours, nous avons reçu des informations selon lesquelles il y avait au moins trois bateaux, qui ont coulé en Méditerranée centrale », a déclaré la porte-parole de l’OIM, Safa Msehli, lors d’un point de presse hybride depuis Genève.

Elle a ajouté que l’OIM citait les chiffres donnés par certaines ONG, comme SOS Méditerranée,  qui exploitent des navires de sauvetage dans la région. 

Sur l’un des bateaux, il y avait 130 personnes à bord. Selon des informations pas confirmées, un deuxième bateau transportait deux personnes, tandis que sur un troisième navire qui a coulé, 40 personnes auraient péri.

Des Etats « ont refusé d’agir pour sauver la vie de plus de 100 personnes » -Safa Msehli

Ces naufrages sont les derniers en date le long de la route migratoire de la Méditerranée centrale. Le 15 avril dernier, au moins 40 personnes ont également trouvé la mort par noyade lors d’un naufrage au large de la Tunisie.  

« Cela porte en fait le nombre de morts dans la seule Méditerranée centrale à près de 500 personnes, soit près de trois fois plus à la même période de l’année dernière », a dit Mme Msehli.

Depuis 2014, plus de 20.000 migrants et réfugiés sont morts en mer en tentant de rejoindre l’Europe depuis l’Afrique. Plus de 17.000 d’entre eux se sont trouvés sur la Méditerranée centrale qui est décrite par les organismes humanitaires comme la route migratoire « la plus dangereuse au monde ».

« Est-ce cela l’héritage de l’Europe ? »

A la suite de ces nouveaux drames en Méditerranée, les agences d’aide déplorent l’absence de coordination des États européens, qui ont laissé les ONG et les navires marchands rechercher seuls ces navires de fortune.

« Ce sont les conséquences humaines de politiques qui ne respectent pas le droit international et les impératifs humanitaires les plus fondamentaux », a d’ailleurs fustigé dans un tweet hier jeudi, Eugenio Ambrosi, Chef de cabinet de l’Agence de l’ONU pour les migrations (OIM).

Sa collègue Safa Msehli s’est également interrogée, sur ce même canal, sur le rôle de l’Union européenne.

« Est-ce cela l’héritage de l’Europe ? », a-t-elle réagi sur sa page Twitter, relevant que « les États se sont montrés défiants et ont refusé d’agir pour sauver la vie de plus de 100 personnes ».

Ces migrants et réfugiés ont « imploré et envoyé des appels de détresse pendant deux jours avant de se noyer dans le cimetière bleu de la Méditerranée », a-t-elle ajouté. « L’humanité s’est noyée », a poursuivi la porte-parole de l’agence onusienne.

Selon l’OIM, ces pertes tragiques en vies humaines soulignent une fois encore le besoin de renforcer et de développer les opérations de recherche et sauvetage menées par les Etats en Méditerranée centrale.

Plus largement, l’agence onusienne estime que la priorité devrait être accordée à la solidarité à travers la région et au soutien envers les autorités nationales dans leurs efforts pour prévenir les décès en mer et réprimer les passeurs et les trafiquants d’êtres humains.