« Les jeunes ne resteront pas silencieux », selon une militante malgache spécialiste du climat

22 avril 2021

Marie Christina Kolo est une militante climatique, une écoféministe et une entrepreneure sociale. Elle est l'une des deux jeunes qui ont discuté avec le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, avant la Journée internationale de la Terre nourricière, célébrée chaque année le 22 avril.

Lors de cette conversation, elle a exprimé son inquiétude quant au double impact sur l'île de l'océan Indien de la pandémie de Covid-19 et de la crise climatique en cours : « Le changement climatique ne s'est pas arrêté avec la Covid-19 et c'est vrai pour mon pays, Madagascar. La pandémie actuelle nous a donné des leçons », a indiqué Marie Christina Kolo.

Une coopération mondiale

« La première leçon est que le commerce mondial nécessite une coopération mondiale. Dans les pays en développement comme le mien, nous avons pu recevoir beaucoup de dons et de soutien de la part de la communauté internationale. C'était aussi une bonne occasion pour nous de prouver à nouveau notre solidarité traditionnelle et la solidarité entre les pays. 

Cependant, la question à laquelle nous sommes confrontés est la suivante : comment promouvoir les initiatives en matière d'eau et d'assainissement, comme le lavage des mains, qui jouent un rôle dans la lutte contre le virus, alors que trois personnes sur quatre à Madagascar n'ont pas accès à l'eau potable et aux services d'assainissement ? 
Comment pouvez-vous promouvoir ces initiatives alors qu'il y a des sécheresses et des inondations qui sont liées au changement climatique ? 
Nous devons donc nous concentrer sur les actions climatiques qui sont pertinentes en termes d'augmentation de l'accès à l'eau, par exemple, la réhabilitation des zones humides.

L'intelligence climatique

Nous devons apprendre à nous concentrer sur une agriculture intelligente sur le plan climatique. Nous devons apprendre à être autosuffisants en matière de production alimentaire et à moins dépendre du tourisme et du commerce. 

La deuxième leçon est également importante à mes yeux. Lorsque nous pensons au soutien, nous devons prendre en compte l'adaptation au changement climatique et la résilience. La santé est l'un des domaines clés de l'adaptation, et c'est donc le moment idéal pour investir dans les infrastructures de santé et les ressources humaines. 
La Covid-19 a également perturbé la chaîne d'approvisionnement, c'est donc un autre domaine à prendre en compte pour des pays comme le mien.
Enfin, et surtout, les investissements dans l'aide et le relèvement liés à la Covid-19 doivent tenir compte de la manière disproportionnée dont les femmes et les autres populations marginalisées ont été touchées. 

© UNICEF/Rindra Ramasomanana
Les forêts font vivre de nombreuses communautés locales à Madagascar.

Biodiversité

Je pense que la biodiversité de mon pays a été mise en danger pendant la pandémie, car, vous savez, dans ce contexte, lorsque les gens souffrent de la pauvreté, ils vont dans la forêt pour chercher un moyen de vivre. 

Ici, la majorité des personnes les plus pauvres dépendent des ressources naturelles ; 80% de la population de Madagascar vit dans les zones rurales.

Les gens ne pensent qu'à leur vie quotidienne ; ils arrivent à apporter de la nourriture à leurs familles grâce à la forêt. Ainsi, lorsque vous parlez de biodiversité pendant cette pandémie, nous faisons face à une crise en matière de protection de notre habitat naturel.

En cette période de crise, c'est vraiment un grand défi pour nous de faire prendre conscience aux gens que nous devons protéger ces ressources naturelles, que nous devons trouver un équilibre entre nos moyens de subsistance et la protection du monde naturel.

Marie Christina Kolo
La jeune activiste climatique Marie Christina Kolo de Madagascar.

Nous avons une voix

Je ne cesse de dire que je suis optimiste parce que de plus en plus de jeunes essaient de promouvoir une économie plus verte, et de prouver que nous n'avons pas besoin de trop exploiter ces ressources naturelles.

Je veux dire que les jeunes ne resteront pas silencieux, que nous avons une voix, que nous serons entendus et que nous devons être inclus dans le processus décisionnel. Nous devons d'abord le faire au niveau national. Nous pouvons travailler ensemble, nous pouvons partager les meilleures pratiques. 

Je profite donc de cette occasion pour appeler tous les mouvements de jeunesse du monde entier à travailler ensemble pour apporter des changements ». 

 

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