A Genève, l’ONU souligne l’impératif du multilatéralisme pour le monde de l’après-Covid-19

12 juin 2020

« De la Covid-19 au changement climatique, les nombreux défis que le monde doit affronter aujourd’hui sont mondiaux et doivent être traités par le biais d’une coopération multilatérale », a affirmé, ce jeudi, la Directrice générale de l’Office des Nations Unies à Genève (ONUG), Tatiana Valovaya à la cérémonie d’allumage du Jet d’eau de Genève.

Mais dans ce monde post-Covid, la planète aura également besoin d’une réponse beaucoup plus forte empreinte d’unité et de solidarité. Pour l’après-coronavirus, Mme Valovaya prône ainsi une nouvelle ère, avec les mêmes fondamentaux axés sur le multilatéralisme, si le monde veut « traverser cette pandémie ensemble et construire un avenir plus sûr et plus stable ». « Le multilatéralisme - qui était déjà en transition avant la crise - évoluera bien sûr pour être plus inclusif », a-t-elle dit aux médias locaux suisses en marge de la cérémonie, non sans rappeler que les priorités évolueront également.

Avec une pandémie qui a bouleversé le monde entier, la cheffe de l’ONU à Genève rappelle que la crise de la Covid-19 a surtout mis à jour « de profondes injustices et inégalités fondées sur le revenu, le sexe, la race, etc. ». Dans ces conditions, « il est hors de question de revenir à ces systèmes qui ont créé la fragilité ». Une façon de mettre en garde contre tout retour en arrière, surtout après « la crise la plus difficile à laquelle le monde a été confronté depuis la Seconde Guerre mondiale ». « Aucune des crises que nous traversons ne reconnaît de frontières et doit donc être traitée par la coopération internationale », a une nouvelle fois insisté Mme Valovaya.

« Nous avons tous un rôle à jouer pour limiter la possibilité d’une deuxième vague de Covid-19 » - Dr Tedros

A l’arrêt depuis le 20 mars à cause de la pandémie de Covid-19, le Jet d’eau de Genève a repris du service ce jeudi sur les bords du Lac Léman. Aux côtés de la Directrice générale de ONUG, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr. Tedros Adhanom Ghebreysus, a remis en marche ce symbole de la Genève internationale. Selon les autorités cantonales de Genève, cet emblème est également la marque de l’importance de la coopération internationale dans la lutte contre la pandémie. « L’OMS est fière d’être à Genève et l’absence du Jet d’eau a été criante depuis nos bureaux », a déclaré le Dr. Tedros, avant plus tard, d’appuyer sur la commande permettant d’enclencher ce mécanisme qui permet de projeter une colonne d’eau à 140 mètres de hauteur au-dessus de la rade genevoise.

Le chef de l’OMS a dit espérer que ce Jet d’eau continuera à apporter joie et espoir à la population et aux visiteurs de passages en Suisse romande. « Alors que le jet d’eau est le symbole de Genève, ce geste l’est tout autant en incarnant la maîtrise locale de la transmission du virus », a-t-il ajouté, tout en soulignant que la bataille contre le nouveau coronavirus « n’est pas finie ».  « Et nous avons toutes et tous un rôle à jouer pour limiter la possibilité d’une deuxième vague de la Covid-19 », a expliqué le Dr. Tedros. Si la propagation du virus est en baisse en Europe, elle se poursuit dans d’autres parties du monde, notamment en Amérique latine.

Agir de manière solidaire et soutenir les pays dans leur lutte contre le coronavirus

La Directrice générale de l’ONUG s’est fait l’écho de la prudence du chef de l’OMS. « Si les taux d’infection ont diminué en Suisse, ce n’est pas le cas dans d’autres pays », a fait valoir Mme Valovaya, soulignant la volonté de la grande famille de l’ONU à continuer « à agir de manière solidaire et à soutenir ces pays dans leur lutte contre le coronavirus ».

Mais « après des semaines de confinement ou de semi-confinement pour beaucoup de gens, voir le Jet d’eau jaillir à nouveau semble être un pas important vers le retour à une nouvelle normalité ».  Le Jet d’eau est enclenché manuellement et fonctionne tous les jours depuis 1891 sauf en cas de rafales de vent ou de grand froid. Il est illuminé le soir afin de soutenir des causes caritatives, humanitaires ou diplomatiques. Ce symbole de Genève a été en bleu, jeudi soir, pour honorer l’OMS.

A noter que la pandémie de Covid-19 a contaminé plus de 7,27 millions de personnes dont plus de 413.000 décès dans le monde, provoquant le confinement de 4 milliards de personnes.

Cette crise a montré au monde le rôle clé de la Genève internationale en tant que centre de santé mondial - siège de l’OMS, de nombreuses autres agences internationales et d’ONG. Le Président du Conseil d’Etat genevois, Antonio Hodgers, a, de son côté, loué l’engagement de l’agence onusienne dans la lutte contre le coronavirus. Il en a profité pour rappeler que des dizaines d’organisations de la Genève internationale œuvrent à la promotion de la santé publique. « Elles sont parmi les plus dynamiques depuis le début de ce siècle », a-t-il souligné.

L’ONU mobilisée pour « sauver des vies, éviter la famine et dresser des plans de relance »

« En dépit des défis posés au multilatéralisme et à la coopération internationale, Genève est déterminée à rester la ville de la paix et de l’Etat de droit, la ville des droits humains et des objectifs de développement durable », a fait remarquer M. Hodgers, ajoutant que « la santé et le bien-être pour toutes et tous font partie de ces objectifs ».

Du côté du Palais des Nations, on tient également à rappeler que la crise de Covid-19 a confirmé le rapprochement de la Genève internationale et de la Genève locale, afin qu’elles coopèrent de manière solidaire. « Cela ne s’arrêtera pas à la fin de la pandémie, mais se poursuivra dans les années à venir », a dit la Directrice générale de l’ONUG.

Plus largement, l’ensemble de la famille des Nations unies a été pleinement engagée dans le combat contre le nouveau coronavirus. Et les Nations Unies ont affiché leur détermination et confirmé leur mobilisation à « sauver des vies, éviter la famine, atténuer la douleur et dresser un plan de relance ».

Pour repartir de l’avant, l’ONUG entend continuer à faire son travail, en soutien aux États membres, et consolider sa position de plateforme attrayante pour la construction d’un consensus mondial dans des domaines vitaux tels que le Programme de développement durable à l’horizon 2030, le désarmement et la protection des droits de l’homme. « Plus important encore, les Nations Unies doivent poursuivre leurs efforts pour construire un multilatéralisme en réseau », a conclu Mme Valovaya.

 

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