26 décembre 2019

Alors que nous entrons dans les années 2020, ONU Info, vous propose une rétrospective en trois parties sur quelques-uns des événements importants de l’actualité internationale et des Nations Unies qui se sont déroulés entre 2010 et 2019. Dans cette deuxième partie (2014 à 2016), nous revenons sur l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, l’adoption de l’Accord de Paris sur le climat, et la définition des 17 Objectifs de développement durable à atteindre d’ici 2030.

2014 : L'ONU s'attaque à la pire épidémie d'Ebola de l'histoire

OMS/S. Hawkey
Soudan du Sud: l'ONU à pied d'œuvre sur les fronts diplomatiques et du maintien de la paix

 

En décembre 2013, dans le village de Meliandou, en Guinée, un bambin nommé Emile Ouamouno est décédé. Ce fut une tragédie pour sa famille, mais la mort de l'enfant a pris une beaucoup importance plus grande, quand Emile a été nommé le patient zéro de ce qui est devenu la pire épidémie d'Ebola de l'histoire.

Le virus mortel et très contagieux s'est propagé rapidement à travers la Guinée, ainsi qu’au Libéria et en Sierra Leone voisins. Les économies des trois pays d’Afrique de l'Ouest ont failli s'effondrer et les services de santé ont été mis à rude épreuve. Cette année-là, quelque 6.000 décès ont été enregistrés et des communautés entières ont été paralysées par la peur.

En août 2014, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déclaré que l'épidémie était une urgence de santé publique de portée internationale. Une urgence déclarée afin d'assurer une réponse mondiale coordonnée, d’octroyer les fonds internationaux nécessaires au financement de la riposte et de stopper la propagation de la maladie vers d'autres pays.

Il faudra deux ans pour que l'OMS puisse déclarer la fin de cette urgence de santé publique de portée internationale. Au total, l’agence onusienne a enregistré 28.616 cas d'Ebola en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone et 11.310 décès.

Un rapport indépendant de 2016 commandé par l'OMS a noté qu'il y avait eu un retard dans l'identification de l'ampleur sans précédent de l'épidémie et a souligné l'importance d'une meilleure formation des équipes d'agents de santé et d'une meilleure communication entre les réseaux de santé.

Malheureusement, depuis 2018, une autre partie de l'Afrique est aux prises avec la deuxième plus grande épidémie d'Ebola jamais enregistré. Plus de 2200 vies ont été perdues en République démocratique du Congo (RDC) parmi quelque 3300 infections confirmées.

L’est de la RDC, où l'épidémie est concentrée, est également confrontée à une insécurité et à des violences graves, ce qui entrave les efforts visant à contenir la maladie. Après les combats de novembre 2019, l'OMS a déclaré qu'environ un tiers de son équipe de riposte à Ebola dans la région de Beni avait été temporairement relocalisée. Une situation difficile, qui selon l'agence onusienne, rendrait la propagation du virus plus probable.

2015 : l'espoir suscité par l'Accord de Paris sur le climat

CCNUCC
(G à d): la cheffe de la CCNUCC Christiana Figueres. le chef de l’ONU Ban Ki-moon, le Ministre français des affaires étrangères/Président de la COP21 Laurent Fabius et le Président français François Hollande célèbrent l'adoption de l'Accord de Paris

 

En décembre 2015, l’adoption de l'Accord de Paris sur le climat a suscité beaucoup d’espoir pour l'environnement. Pour la première fois, pratiquement tous les pays du monde se sont engagés à lutter contre menace existentielle du réchauffement climatique et à parer à ses conséquences.

Le Secrétaire général de l’ONU de l’époque, Ban Ki-Moon, a salué l'Accord de Paris comme un « triomphe monumental », soulignant sur les réseaux sociaux qu'il « ouvre la voie à des progrès pour mettre fin à la pauvreté, renforcer la paix et garantir une vie digne et une chance pour tous ».

L'Accord de Paris a été adopté après deux semaines de négociations lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) organisée dans la capitale française. Les négociations ont couvert les domaines jugés nécessaires pour une conclusion historique : l'atténuation, afin de maintenir les températures à 2 degrés Celsius au maximum par rapport aux niveaux préindustriels ; l'adaptation, afin que les pays puissent mieux gérer les impacts du changement climatique ; et le soutien, avec des financements disponibles pour les nations les plus vulnérables et les plus pauvres.

L'adoption de l’Accord de Paris s'est déroulée dans un esprit de grande émotion et d'espoir. M. Ban a déclaré que toutes les personnes impliquées devraient être fières de ce qu'elles ont accompli, mais a conclu ses remarques aux délégués en notant que l'Accord de Paris n'est que le début, car « le travail commence demain ».

Quatre ans plus tard, l'Accord de Paris est toujours considéré comme une étape clé sur la longue route vers une économie mondiale plus propre et plus durable. Mais de nombreux indicateurs montrent que pas assez n’a été fait à ce jour : une multitude de rapports et d'études environnementales accablants ont montré des dommages continus à l'environnement, dus au changement climatique d'origine humaine, et la probabilité que si nous continuons sur la trajectoire actuelle, les températures monteront bien au-delà du niveau de 1,5 degrés Celsius, et les conséquences pour beaucoup seront catastrophiques.

Le successeur de M. Ban en tant que Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a fait de la crise climatique l'un des piliers centraux de son mandat, en instituant plusieurs initiatives pour faire que cette question bénéficie d’un nouvel élan et d’une attention particulière, en particulier en septembre 2019 avec la tenue du Sommet Action Climat.

2016 : un Programme en 17 objectifs pour construire un avenir meilleur d'ici 2030

Photo ONU / Manuel Elias
Au siège des Nations Unies à New York, des panneaux arborent les 17 objectifs de développement durable (ODD)

 

Au cours des 15 premières années du 21e siècle, de nombreuses activités de l'ONU ont été guidées par les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), avec huit objectifs allant de la réduction de moitié des taux de pauvreté extrême, à l'arrêt de la propagation du VIH/sida en passant par un enseignement primaire universel.

En 2015, année cible pour les objectifs, beaucoup de travail positif avait été accompli, mais une nouvelle vision était nécessaire. Cela a pris la forme du Programme développement durable à l’horizon 2030 qui a été officiellement lancé en 2016, et a été conçu pour s'appuyer sur les OMD et achever ce qui n’a pas pu etre accompli.

Le Programme 2030 a défini un plan d'action pour les personnes, la planète et la prospérité, dont l'éradication de la pauvreté, décrit par l'ONU comme « le plus grand défi mondial et une condition indispensable au développement durable ».

Dix-sept objectifs de développement durable (ODD) ont été annoncés, avec des cibles conçues pour susciter des actions dans cinq domaines principaux: les personnes (éradication de la pauvreté et de la faim), la planète (protection contre la dégradation de l’environnement et action urgente contre le changement climatique), la prospérité (assurer la prospérité et l'épanouissement de tous), la paix (favoriser des sociétés exemptes de peur et de violence) et le partenariat (afin de mobiliser les moyens d'atteindre les ODD.

Lors du lancement des ODD, le Secrétaire général de l’ONU de l’époque, Ban Ki-Moon, a déclaré que les 17 objectifs représentent une « vision partagée de l’humanité et un contrat social entre les dirigeants du monde et le peuple. Ils sont une liste de choses à faire pour les gens et la planète, et un plan de réussite ».

En 2020, il ne restera que 10 ans pour atteindre les ODD et mettre en œuvre le Programme 2030, et l'ONU a lancé une Décennie d'action pour accélérer le processus. Cela a été annoncé en septembre 2019, lors du premier Sommet sur les progres en faveur des ODD, qui s'est tenu au siège des Nations Unies à New York.

Lors de la clôture de ce sommet de deux jours, la Secrétaire générale adjointe de l’ONU, Amina J. Mohammed a déclaré qu'elle avait tiré trois messages concrets du sommet : un engagement renouvelé des dirigeants mondiaux pour mettre en œuvre le Programme 2030, qu'elle a décrit comme essentiel pour répondre aux plus grands défis mondiaux ; une reconnaissance du fait que les objectifs ne sont pas sur la bonne voie et une détermination à intensifier les efforts pour les atteindre ; et de plus de clarté sur la tâche à venir, avec une décennie décisive pour « nourrir une action mondiale plus ambitieuse; une action locale; et une action des peuples ».

 

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