Syrie : première réunion du Comité constitutionnel prévue le 30 octobre à Genève

30 septembre 2019

L’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Geir O. Pedersen, a annoncé lundi devant le Conseil de sécurité que la première réunion du Comité constitutionnel syrien aurait lieu le 30 octobre à Genève sous l’égide des Nations Unies.

« Dans un mois, le 30 octobre 2019, j’ai l’intention de convoquer 150 hommes et femmes syriens pour le lancement d’un Comité constitutionnel crédible, équilibré, inclusif, dirigé par les Syriens et facilité par les Nations Unies à Genève », a dit M. Pedersen devant les membres du Conseil.

Lundi 23 septembre, à New York, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait annoncé un accord entre le gouvernement syrien et l’opposition sur la composition de ce comité chargé de rédiger une nouvelle Constitution, un élément clé du processus politique en Syrie.

Selon Geir O. Pedersen, le lancement de ce Comité constitutionnel devrait être « un signe d'espoir pour le peuple syrien, qui souffre depuis longtemps ».

« C’est le premier accord politique concret entre le gouvernement et l’opposition qui commence à mettre en œuvre un aspect essentiel de la résolution 2254 du Conseil de sécurité - établir un calendrier et un processus pour une nouvelle Constitution. Cela implique une acceptation claire de l'autre en tant qu'interlocuteur », a-t-il souligné.

« Cela peut ouvrir la voie à un processus politique plus large répondant aux aspirations légitimes du peuple syrien », a-t-il ajouté.

Photo ONU/Kim Haughton
Geir Pedersen, Envoyé spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la Syrie, informe le Conseil de sécurité de la situation dans le pays.

La Syrie connaît toujours une crise grave

L’Envoyé spécial a toutefois estimé que les choses ne seraient pas faciles, alors que la Syrie connaît toujours une crise très grave, « avec la poursuite de la violence et du terrorisme, la présence de cinq armées internationales opérant sur son territoire, des souffrances et des abus effroyables, une société profondément divisée et un sentiment de désespoir parmi la population à l'intérieur et à l'extérieur du pays ».

« La confiance est presque inexistante. Le Comité constitutionnel aura une réelle importance s’il constitue une étape dans le difficile processus de sortie de ce conflit vers une nouvelle Syrie, et si son lancement et ses travaux sont accompagnés d'autres mesures propres à renforcer la confiance entre les Syriens et entre la Syrie et la communauté internationale », a-t-il ajouté.

Le Comité constitutionnel sera composé de représentants du gouvernement syrien, de l’opposition et de la société civile. Les noms des 150 membres du comité seront rendus publics par les Nations Unies une fois que leur participation sera confirmée, a dit M. Pedersen.

L’envoyé de l’ONU s’est félicité de la présence de 50 membres de la société civile, appartenant à différentes confessions religieuses, ethnies, lieux géographiques, orientations politiques, et incluant des experts respectés. Certains vivent à l'intérieur de la Syrie ; d'autres sont basés à l'extérieur.

« Nous sommes fiers que près de la moitié de la liste de la société civile soient des femmes et que nous comptons environ 30% de femmes sur 150 membres », a dit M. Pedersen.

Il s’est dit conscient que le Comité constitutionnel ne résoudra pas à lui seul le conflit. Il a noté que la crise humanitaire se poursuit dans la région d’Idlib, dans le nord-ouest du pays, et dans d’autres régions. « Idlib est plus calme aujourd'hui qu'elle ne l'était le mois dernier. Mais la violence continue », a-t-il dit.

 

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