Syrie : l’ONU appelle à stabiliser la situation à Idlib et à appuyer l'aide humanitaire

27 juin 2019

Les Nations Unies ont appelé jeudi à stabiliser la situation à Idlib devenue « très préoccupante » et à appuyer les priorités humanitaires en Syrie.

« Il n’y a pas de solution facile pour Idlib », a déclaré Geir Pedersen, l’Envoyé spécial de l’ONU en Syrie, lors d’un exposé au Conseil de sécurité. « Mais la seule façon de trouver (une solution) est de cesser les hostilités », a-t-il souligné.

Trois millions de personnes vivent dans cette province du nord-ouest de la Syrie où les frappes aériennes et tirs d’artillerie, de roquettes et de mortiers continuent.

Devant les membres du Conseil, M. Pedersen a dit espérer que la Russie et la Turquie œuvreront à la stabilisation de la situation dans le nord-ouest de la Syrie sans plus tarder. Moscou et Ankara ont indiqué à l’envoyé onusien qu’ils demeuraient engagés envers l’accord qu'ils ont conclu en septembre 2018 et qui prévoit une « zone démilitarisée » sous leur contrôle dans la région d’Idlib. « Mais nous devons voir cette assurance traduite sur le terrain », a dit M. Pedersen.

« Tout doit être fait pour protéger les civils », avait déclaré plus tôt dans la journée Najat Rochdi, la Conseillère humanitaire de l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, lors d’une réunion de travail avec les Etats membres à Genève.

M. Pedersen et Mme Rochdi ont attiré l’attention de la communauté internationale sur « deux situations humanitaires graves » dans les camps de Rukban, au sud de la Syrie, et d’Al Hol, dans le nord-est du pays.

La conseillère humanitaire a de nouveau demandé un accès humanitaire au camp de Rukban où près de 27.000 personnes sont dépourvues des services les plus élémentaires. Mme Rochdi a qualifié de « honteux » le sort des milliers d’enfants du camp d’Al Hol et demandé que soins et protections leur soient accordés, conformément au droit international humanitaire.

Mme Rochdi a rappelé que 3,3 milliards de dollars sont nécessaires cette année pour apporter une aide humanitaire à plus de 11 millions de Syriens dans le besoin. « A ce jour, seulement 23% du financement demandé a été reçu », a-t-elle rappelé aux Etats membres.

Alors que les dirigeants des pays du G20 doivent se réunir en fin de semaine à Osaka, au Japon, Geir Pedersen les a exhortés à placer la situation en Syrie en tête des questions de leur ordre du jour. « Idlib n'est pas seulement un problème humanitaire, et ne se limite pas à la Syrie », mais risque de devenir une « poudrière » avec un risque « d’escalade régionale », a prévenu l’Envoyé spécial.

 

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