Syrie : l’ONU dénonce une nouvelle vague de violences dans la région d’Idlib après l’effondrement de la trêve

8 août 2019

Une haute responsable des Nations Unies a regretté profondément jeudi l’effondrement de la trêve qui avait été annoncée lundi dans la région d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, et la nouvelle vague de violences qui menace la vie de millions de civils.

« Lors de la pause dans les combats, de nombreux civils sont rentrés chez eux et se trouvent actuellement dans des zones où les attaques violentes ont repris, les exposant à de grands risques », a déclaré Najat Rochdi, Conseillère humanitaire principale auprès de l’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, dans une déclaration à la presse.

Plus de 500 civils innocents ont été tués et des centaines d'autres blessés depuis le début de l'intensification des combats à la fin d'avril. Le nombre de personnes déplacées a également augmenté à un rythme alarmant, quelque 400.000 hommes, femmes et enfants ayant été forcés de fuir, nombre d'entre eux à plusieurs reprises.

La très grande majorité des personnes se sont réfugiées dans des zones densément peuplées. 30.000 autres personnes ont été déplacées dans des zones contrôlées par le gouvernement. « Les bombardements dans les quartiers contrôlés par le gouvernement syrien doivent également cesser », a dit Mme Rochdi.

Les attaques aériennes et les tirs d'artillerie ont causé des dégâts considérables à des dizaines d'établissements de santé, d'écoles, de marchés, de points d'eau et à d'autres infrastructures civiles.

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L'ONU a officiellement demandé aux parties impliquées dans le système de désescalade de fournir des informations sur les incidents survenus au nord-ouest de la Syrie cette année. « La Turquie a répondu à certaines demandes. Nous attendons toujours des nouvelles de la Fédération de Russie », a souligné la responsable onusienne.

Elle a rappelé que les parties au conflit sont juridiquement tenues de respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire et les auteurs de violations du droit international humanitaire doivent rendre des comptes.

Mme Rochdi a par ailleurs pris note des discussions visant à établir une « zone de sécurité » dans le nord-est de la Syrie. « Les acteurs humanitaires sont de plus en plus préoccupés par les déclarations suggérant une éventuelle intervention militaire qui aurait de graves conséquences humanitaires dans une région qui a déjà connu des années d'activité militaire, de déplacements, de sécheresses et d'inondations », a-t-elle dit.

 

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