Afghanistan : un règlement négocié avec les Talibans est plus nécessaire que jamais, selon l’envoyé de l’ONU

19 juin 2019

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan, Tadamichi Yamamoto, s’est déclaré mercredi encouragé par la poursuite des discussions entre les Etats-Unis et les Talibans et estimé qu’il était plus nécessaire que jamais d’arriver à un règlement négocié du conflit.

« Aujourd’hui, les esprits du peuple afghan et de ses partenaires internationaux sont plus que jamais concentrés sur la nécessité de parvenir à un règlement négocié. Cet élan ne doit pas être perdu. Les pourparlers directs entre les États-Unis et les Talibans se poursuivent avec un large soutien international », a dit M. Yamamoto devant le Conseil de sécurité.

Il a indiqué que l'Afghanistan et certains de ses partenaires internationaux, en particulier l'Allemagne et le Qatar, préparaient un dialogue inter-afghan, qui réunirait des personnes représentant un large éventail de la société.

« Certains acteurs afghans influents ont déjà eu l'occasion de procéder à un échange de vues avec des représentants des Talibans à Moscou fin mai », a-t-il noté. « Tous ces efforts doivent viser un objectif commun : entamer des négociations officielles entre le gouvernement afghan et les Talibans en vue de la conclusion d’un accord de paix ».

Le Représentant spécial s’est dit encouragé par les signes de consultations croissantes entre les pays menant ces initiatives pour arriver à un règlement politique.

« Le message commun aux Talibans est clair : venez à la table et négociez directement avec le gouvernement afghan », a-t-il expliqué aux membres du Conseil.

« J'appelle les pays qui ont des contacts directs et qui ont une influence sur les Talibans d'intensifier leurs efforts pour atteindre cet objectif. Mais, au final, rien ne peut remplacer l’implication du peuple afghan pour faire progresser un dialogue inclusif vers un processus de paix. Le gouvernement et les dirigeants politiques doivent rechercher un consensus et créer des arrangements structurés pour représenter efficacement les intérêts de tous les Afghans dans leurs relations avec les Talibans », a-t-il ajouté.

M. Yamamoto a rappelé que l’élection présidentielle était prévue le 28 septembre et qu’il restait des obstacles opérationnels et techniques à surmonter pour que celle-ci soit crédible.

Selon l’envoyé de l’ONU, après les élections parlementaires très controversées de l’année dernière et la destitution de tous les commissaires électoraux, la tâche la plus ardue des nouveaux organes de gestion des élections est de regagner la confiance du public.

La Commission électorale indépendante doit démontrer qu’elle peut résoudre les problèmes qui ont entaché les élections législatives et intégrer les enseignements tirés à la préparation du prochain vote, a-t-il dit.

« L'Afghanistan ne peut pas se permettre une crise postélectorale controversée et prolongée qui pourrait aboutir à un Président doté d'une légitimité démocratique fragile », a-t-il dit.

 

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