Afghanistan : les pourparlers directs entre les Talibans et le gouvernement doivent commencer au plus tôt (ONU)

10 septembre 2019

L’envoyé de l’ONU en Afghanistan a déclaré mardi devant le Conseil de sécurité qu’il était impératif que des pourparlers directs entre le gouvernement et les Talibans commencent dès que possible pour mettre fin au conflit.

« Les événements de ces derniers jours et de ces dernières semaines ont montré, plus que jamais, l’urgence de trouver un règlement politique au long conflit afghan. Les efforts de l'année écoulée ont créé des opportunités pour la paix », a noté le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan, Tadamichi Yamamoto, devant les membres du Conseil.

« Il est donc impératif que des pourparlers directs entre la République islamique d'Afghanistan et les Talibans commencent dès que possible », a-t-il ajouté.

M. Yamamoto, qui dirige egalement la Mission d’assitance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), a rappelé que de nombreux efforts ont été déployés à cette fin et que le lancement de négociations directes entre les deux parties afghanes semble être à portée de main. « Tous ceux qui sont concernés par les efforts de paix, et en particulier les parties au conflit, doivent continuer à œuvrer en faveur de négociations directes. J'appelle les parties à continuer de saisir l'occasion d'engager des pourparlers directs afin de bâtir un avenir pacifique », a-t-il dit, ajoutant que les Nations Unies sont prêtes à soutenir ce processus entre Afghans, avec leur impartialité et leur expertise.

Photo ONU/Loey Felipe
Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afghanistan, Tadamichi Yamamoto, devant le Conseil de sécurité, le 10 septembre 2019.

 

L’envoyé de l’ONU a souligné que de nombreux Afghans, en particulier des jeunes femmes, craignent que la paix ne signifie le sacrifice de la liberté et de droits qui ont été protégés au cours des 18 dernières années.

« Tout règlement politique doit inclure la promesse de continuer à protéger et à promouvoir les droits de l'homme et les libertés fondamentales de toutes les personnes vivant en Afghanistan, y compris les femmes, les jeunes et les minorités, ainsi que la liberté d'expression et les médias », a dit M. Yamamoto.

S’agissant du scrutin présidentiel prévu le 28 septembre, l’envoyé de l’ONU a noté que les préparatifs techniques et opérationnels par les institutions afghanes sont en bonne voie. Il s’est toutefois dit inquiet concernant la sécurité du scrutin ainsi que du taux de participation et de la fraude et des irrégularités possibles.

« Les efforts en faveur de la paix devraient s’accompagner d’une réduction de la violence ; pourtant, la violence s'est intensifiée ces derniers jours », a ajouté l’envoyé de l’ONU. « Je suis très préoccupé par le nombre toujours élevé de victimes civiles causées par ces attaques ».

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De son côté, le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov, a expliqué aux membres du Conseil de sécurité que « les problèmes persistants posés par les drogues illicites, la criminalité économique et financière, la corruption, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme continuent de saper la stabilité du pays ».

M. Fedotov a toutefois indiqué que l’Enquête 2019 sur l’opium en Afghanistan, qui paraîtra en octobre, devrait fournir de bonnes nouvelles. « Nous n'avons pas encore les résultats, mais nous prévoyons que les superficies consacrées à la culture du pavot à opium diminueront par rapport aux niveaux record enregistrés en 2017 et 2018 », a dit le chef de l’ONUDC.

 

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