Yémen : l’ONU s’efforce de mobiliser davantage de soutien à la réponse humanitaire

24 septembre 2018

Alors que la crise humanitaire au Yémen atteint des niveaux sans précédent avec les trois-quarts de la population ayant besoin d’une forme d’assistance, l’ONU a organisé lundi à New York une réunion pour mobiliser davantage de soutien à la réponse humanitaire.

Cette réunion, présidée par le chef du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), Mark Lowcock, à la veille de l’ouverture du débat général annuel de l’Assemblée générale des Nations Unies, a porté sur ce que les organisations humanitaires ont réussi à achever jusqu’à maintenant et les défis qu’elles rencontrent au quotidien.

Plus de 22 millions de personnes ont besoin d’aide au Yémen, dont 8,4 millions de personnes souffrant d’insécurité alimentaire grave et 10 millions qui pourraient entrer dans cette catégorie d’ici la fin de l’année, si une action urgente n’est pas menée.

« Il n'y a pas d'autre endroit au monde où les gens souffrent autant », a déclaré la Coordinatrice humanitaire des Nations Unies pour le Yémen, Lise Grande, au début de la réunion.

Elle a noté que la situation était particulièrement désespérée à Hodeïda, un gouvernorat tenu par l’opposition dans l’ouest du Yémen, où les « niveaux de vulnérabilité » sont les pires.

Mme Grande a énuméré trois priorités pour les organisations humanitaires : réduire la faim et faire reculer la malnutrition ; prévenir une autre épidémie de choléra ; et protéger les civils à tout prix.

Elle a également fourni à la communauté internationale une longue liste de demandes, notamment la nécessité pour les belligérants de cesser les combats. « Les humanitaires ne peuvent pas résoudre le conflit au Yémen, seuls les politiciens peuvent le faire », a-t-elle déclaré.

« Le monde compte sur nous pour faire tout ce qui est en notre pouvoir pour venir en aide au peuple du Yémen », a déclaré de son côté le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« Le manque d’investissements dans le système de santé du Yémen a conduit à une dépendance totale vis-à-vis des partenaires internationaux pour combler des lacunes critiques, notamment en rémunérant les agents de santé et en achetant en vrac des médicaments et des fournitures », a-t-il ajouté. « Grâce à nos donateurs - la plupart d'entre vous dans cette salle aujourd'hui - et à nos partenaires, nous avons évité un effondrement complet du système de santé et avons réussi à atteindre près de 11 millions de personnes avec des services de santé essentiels ».

Le conflit s’est intensifié en 2015

Le conflit au Yémen - déjà l'un des pays les plus pauvres du monde avant la crise -s'est intensifié en mars 2015, lorsqu'une coalition internationale dirigée par l'Arabie saoudite est intervenue militairement à la demande du Président yéménite contre les rebelles houthis.

Actuellement, plus de 150 organisations humanitaires, dont huit agences des Nations Unies, travaillent sans relâche pour fournir une assistance. Sur les près de 3 milliards de dollars requis pour le plan d’action humanitaire de cette année, 2 milliards de dollars (65%) ont été mobilisés, ce qui en fait l’appel humanitaire le mieux financé au monde.

Cependant, les besoins continuent de dépasser la capacité de réponse et les travailleurs humanitaires sont confrontés chaque jour à des difficultés. Selon OCHA, cela comprend des obstacles à l'action humanitaire tels que les restrictions de mouvements, les tentatives d'ingérence et de harcèlement, ainsi que les fluctuations des importations commerciales et l'effondrement des services de santé, d'éducation, d'eau et d'assainissement.

 

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