Yémen : l’ONU salue les progrès pour résoudre le conflit mais les besoins humanitaires restent énormes

19 février 2019

L’Envoyé spécial du Secrétaire général pour le Yémen, Martin Griffiths, s’est félicité mardi devant le Conseil de sécurité des progrès réalisés pour résoudre le conflit dans ce pays, où la situation humanitaire reste catastrophique avec 80% de population ayant besoin d’une assistance.

« Nous avons réalisé des progrès significatifs dans la mise en œuvre des accords conclus à Stockholm. Les parties ont maintenant confirmé à moi-même et au général Michael Lollesgaard leur accord sur la première phase du plan de redéploiement d’Hodeïda », a dit M. Griffiths devant les membres du Conseil.

A l’issue d’une réunion ce weekend du Comité de coordination du redéploiement (CCR), chargé de superviser le cessez-le-feu à Hodeïda et présidé par le chef de la Mission des Nations Unies en soutien à l'accord d’Hodeïda (UNMHA), le général Lollesgaard, le gouvernement yéménite et les rebelles houthis se sont mis d’accord sur le retrait de leurs forces présentes dans cette ville portuaire qui est cruciale pour la livraison de l’aide humanitaire.

Les parties en conflit ont également convenu d’un accord de principe sur la phase 2 du redéploiement mutuel. Le prochain CCR devrait se réunir d'ici une semaine dans le but de finaliser un accord sur la phase 2. Les premiers retraits de combattants de Hodeïda auraient dû intervenir deux semaines après l’entrée en vigueur, le 18 décembre 2018, de la trêve conclue en Suède.

« Je suis reconnaissant aux dirigeants des deux parties qui ont fait des concessions pour permettre que cela se produise. J'appelle les parties à commencer immédiatement la mise en œuvre de l’accord sans plus tarder et s’entendre sur les détails de la deuxième phase des redéploiements », a dit Martin Griffiths.

Selon l’Envoyé spécial, malgré les retards, les parties au conflit « ont constamment démontré leur engagement à mettre en œuvre l'accord » conclu à Stockholm. « La dynamique est là concernant le Yémen. L'accord conclu en décembre 2018 par les parties à Stockholm a constitué une avancée décisive. Ce fut un changement majeur et cela a montré aux Yéménites que quelque chose se passait réellement », a-t-il ajouté.

M. Griffiths a aussi noté l’intensification des efforts concernant la question de l’échange de prisonniers.

80% de la population yéménite a besoin d’assistance

De son côté, le chef de l’humanitaire de l’ONU, Mark Lowcock, a rappelé qu’environ 80% de la population yéménite avait besoin d’une assistance humanitaire ou d’une protection.

« Ces chiffres sont bien pires que l'an dernier. Les affrontements et le non-respect du droit international humanitaire, ainsi que l'effondrement économique au milieu de l’année 2018, sont les moteurs de la détérioration », a dit M. Lowcock devant les membres du Conseil de sécurité.

Il a noté que la violence avait diminué à Hodeïda à la suite de l’accord de Stockholm, mais qu’elle s’était poursuivie ailleurs et avait augmenté dans certaines zones, en particulier à Hajjah. En outre, l’économie yéménite continue de s'effondrer.

Dans ce contexte, il a regretté que les organisations humanitaires soient à court d'argent. Les ressources actuelles devraient être épuisées d’ici à la fin du mois de mars. « Sans ressources adéquates, les opérations humanitaires seront paralysées à un moment où davantage de personnes ont besoin de plus d'aide que jamais auparavant », a-t-il dit.

Dans une semaine, le Secrétaire général de l’ONU convoquera une conférence de bailleurs de fonds à Genève, co-organisée par la Suède et la Suisse. « J'exhorte les États membres à assister à la réunion de Genève à un niveau élevé et à contribuer généreusement », a dit Mark Lowcock.

 

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