Syrie : les agences de l’ONU au secours des milliers de civils fuyant les combats

20 mars 2018

La situation humanitaire en Syrie est toujours aussi critique, ont alerté mardi plusieurs agences onusiennes, alors que de féroces combats dans la Ghouta orientale, dans la région rurale de Damas et à Afrine, au nord-ouest du pays, ont causé de nouveaux déplacements massifs.

Rien que dans la Ghouta orientale, plus de 45.000 Syriens ont fui leurs foyers ces derniers jours.

Sur le terrain, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) répond aux besoins humanitaires urgents. « Mais nous réitérons aujourd’hui notre appel à la protection et la sécurité des nouveaux déplacés et des centaines de milliers de civils qui sont toujours pris au piège au milieu des combats acharnés et qui ont d’urgence besoin d’aide », a déclaré le porte-parole de l’agence onusienne, Andrej Mahecic, lors d’un point de presse mardi à Genève.

Le HCR indique qu’il n’est pas partie de l’accord en cours sur l’évacuation ni de sa mise en œuvre. Toutefois, depuis le début de cette toute dernière escalade des combats, les équipes du HCR se sont rendues dans des abris collectifs de fortune, alors que des milliers de familles épuisées, affamées, assoiffées, malades et avec peu ou pas d’effets personnels arrivaient depuis la Ghouta orientale. Les civils continuent de sortir chaque jour en nombre croissant. Selon le personnel de l’agence onusienne, les besoins sont immenses et augmentent d’heure en heure.

« Il existe aussi de graves risques en matière de santé », a fait remarquer M. Mahecic qui rappelle que de nombreuses personnes manquent d’abris, de nourriture ou de soins. De nombreux enfants souffrent de diarrhée et ont des difficultés respiratoires, ce qui met leur vie en danger, sans compter la gale et les poux, a pour sa part indiqué la porte-parole de l’UNICEF, Marixie Mercado.

Le HCR indique avoir distribué 180.000 articles de première nécessité, notamment des matelas, des couvertures, des couvertures thermiques, des bâches en plastique, des colis de vêtements d’hiver, des lampes à énergie solaire, des jerrycans et des ustensiles de cuisine.

Pillages et violences arbitraires contre les civils à Afrine

Parallèlement, une autre situation d’urgence est en cours dans le nord-ouest de la Syrie. Dans la région d’Afrine, environ 104.000 personnes sont déracinées de leurs foyers suite à la dernière recrudescence des combats.

La majorité de ces personnes - 75.000 - sont déplacées à Tal Rifaat, tandis que 29.000 autres ont trouvé refuge à Nubol, Zahraa et dans les villages environnants de la région rurale d’Alep au nord. Par ailleurs, quelques 10.000 personnes seraient bloquées à Az-Ziyara, tentant en vain de traverser des zones contrôlées par le gouvernement syrien.

Une équipe du HCR présente hier à Nubol a reçu des récits de personnes ayant entrepris des voyages épuisants et de longues heures de marche à travers les montagnes. Depuis dimanche, des pillages et des violences arbitraires contre les civils auraient eu lieu à Afrine, a ajouté Jens Laerke, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) à Genève. 

Sur le plan humanitaire, Mme Mercado a indiqué que cela fait maintenant 20 jours depuis que l’UNICEF n’a pas été en mesure de fournir des fournitures sanitaires et nutritionnelles à Afrine. Depuis le 6 mars, les habitants de la ville souffrent de graves pénuries d’eau. La source d’eau de la ville aurait été endommagée par les combats. Depuis le 15 mars, les camions à eau ont cessé d’acheminer l’eau potable dans les zones vulnérables d’Afrine en raison de l’escalade des violences.

Face à l’urgence à Afrine, les agences de l’ONU ont intensifié leur réponse. L’UNICEF a ainsi répondu aux besoins immédiats d’environ 20.000 familles qui ont été déplacées dans les villages autour de la ville. Mais encore environ 100.000 personnes, dont la moitié sont des enfants, ont besoin d’une aide humanitaire urgente.

De son côté, le HCR a livré 100.000 articles de ces deux derniers jours - notamment des matelas, des couvertures, des couvertures thermiques, des bâches en plastique, des lampes à énergie solaire, des jerrycans, des vêtements et d’autres articles de première nécessité.

Comme dans la Ghouta orientale, la liberté de mouvement des personnes nouvellement déplacées depuis Afrine est essentielle, soulignent les Nations Unies qui plaident pour un plein accès humanitaire sans entrave auprès des civils afin de répondre à leurs besoins urgents.

 

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