Les Syriens n’ont jamais eu autant besoin d’assistance que maintenant, selon l’ONU

10 mai 2022

Après onze ans de guerre en Syrie, les Syriens n’ont jamais eu autant besoin d’assistance que maintenant, a déclaré mardi l’Envoyé spécial de l’ONU pour ce pays, Geir O. Pedersen, lors d’une conférence organisée par l’Union européenne à Bruxelles.

« La souffrance continue ; les déplacements se poursuivent et peu de Syriens reviennent ; la crise économique continue ; et la violence continue, avec un risque constant d'escalade – même s'il y a une sorte d'impasse militaire. Tragiquement, les Syriens n'ont jamais autant eu besoin de votre soutien qu'en ce moment », a déclaré M. Pedersen aux participants de cette conférence de bailleurs de fonds intitulée « Soutenir l'avenir de la Syrie et de la région ».

« Au cours de ces années, mes prédécesseurs et moi-même n'avons cessé d'appeler à un cessez-le-feu à l'échelle nationale et à une solution politique globale dirigée et contrôlée par la Syrie - une solution qui réponde aux aspirations légitimes du peuple syrien, qui respecte la souveraineté, l'unité, l'indépendance et l'intégrité territoriale de la Syrie. Mais permettez-moi d'être franc. Nous sommes loin de cette solution politique », a-t-il ajouté.

Plus de 26 millions de personnes ont besoin d'aide

Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) rappelle que près de 26,5 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire : 14,6 millions de personnes ont besoin d'aide à l'intérieur de la Syrie - soit une augmentation de 1,2 million par rapport à 2021 - et environ 12 millions de personnes dans la région, dont 5,6 millions de réfugiés syriens et de membres de communautés d'accueil.

« En 2022, nos deux plans de réponse à la crise demandent 10,5 milliards de dollars. C'est pour soutenir les Syriens et les pays d'accueil. Cela comprend 4,4 milliards de dollars pour la réponse à l'intérieur de la Syrie et 6,1 milliards de dollars supplémentaires pour soutenir les réfugiés et les communautés d'accueil dans la région. Les appels sont financés à 8% et 11%, respectivement », a précisé OCHA.

Un camp de fortune près de Raqqa, dans le nord-est de la Syrie.
© UNICEF/DelilSouleiman
Un camp de fortune près de Raqqa, dans le nord-est de la Syrie.

Plus de 90% des Syriens vivent dans la pauvreté

Dans une déclaration conjointe, les chefs de l’humanitaire, Martin Griffiths, des réfugiés, Filippo Grandi, et du développement des Nations Unies, Achim Steiner, affirment qu'alors que la crise syrienne entre dans sa 12e année sans solution, c'est le peuple syrien qui en paie le prix et que les besoins sont plus grands que jamais, alors même que le conflit s'atténue en intensité.

Plus de 90 % des Syriens vivent dans la pauvreté. La violence sexiste et les risques pour les enfants sont en augmentation. L'exposition potentielle aux engins explosifs reste élevée. L'insécurité alimentaire a atteint de nouveaux records ; 12 millions de personnes souffrent de la faim chaque jour. Près d'un enfant syrien sur deux n'est pas scolarisé et est vulnérable au travail des enfants, aux mariages précoces et forcés, à la traite et au recrutement par des acteurs armés.

Les trois hauts responsables notent que la communauté internationale a fait preuve d'une réelle générosité pendant de nombreuses années et que beaucoup a été fait pour soutenir les populations, mais que les investissements dans le relèvement rapide à l'intérieur de la Syrie sont nécessaires, parallèlement à l'aide humanitaire. Ils exhortent la communauté internationale à ne pas oublier les Syriens et la crise qu'ils endurent et les bailleurs de fonds à être généreux.

Ils soulignent également qu’en Turquie, au Liban, en Jordanie, en Iraq et en Égypte, qui ont généreusement accueilli des réfugiés et continuent de le faire, les pressions socio-économiques augmentent aussi.

 

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