Syrie : pas d’amélioration de la situation humanitaire depuis la résolution du Conseil de sécurité (ONU)

28 février 2018

Il n’y a aucune amélioration de la situation humanitaire en Syrie depuis l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité samedi réclamant un cessez-le-feu immédiat, a déclaré mercredi devant le Conseil de sécurité le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Mark Lowcock.

L’ONU est prête à acheminer une aide humanitaire dans dix zones assiégées et localités difficiles d’accès mais le cessez-le-feu n’est pas appliqué, a ajouté M. Lowcock, qui est également le Coordonnateur des secours d’urgence.

Un convoi de 45 camions avec de l’aide pour 90.000 personnes est ainsi prêt à partir pour Douma dans la Ghouta orientale, mais l’ONU n’a pas reçu l’autorisation de se rendre dans cette enclave rebelle assiégée ainsi que les lettres nécessaires autorisant ces convois. L’ONU est également prête à appuyer des évacuations médicales dans la Ghouta orientale et coopère très étroitement avec ses partenaires à cette fin.

Ces derniers jours ont été marqués par davantage « de bombardements, de combats, de morts, de destructions, de femmes et d’enfants amputés », a déploré le Secrétaire général adjoint.  

Il a indiqué qu’au moins 30 civils, dont des femmes et des enfants, auraient été tués depuis le 26 février dans la Ghouta orientale. Des bombes, lancées depuis la Ghouta orientale, continueraient de viser Damas, a-t-il dit. « Plus de 580 personnes auraient été tués depuis le 18 février en raison de frappes aériennes et au sol dans la Ghouta orientale, plus de 1.000 personnes ayant été blessées », a-t-il dit. Dans le même temps les centaines de bombes lancées contre Damas auraient fait 15 morts et plus de 200 blessés. 

Le Secrétaire général adjoint a fait le point sur la situation dans d’autres parties du pays. A Idlib, les combats continuent et depuis décembre 385.000 personnes ont été déplacées, a-t-il dit. Des dizaines de milliers de personnes sont déplacées à Afrin et à Raqqa, les conditions d’un point de vue sécuritaire ne sont pas réunies pour le retour des personnes déplacées.

Une réduction de l'accès humanitaire en 2017 par rapport à 2016

M. Lowcock a déclaré qu’il y a eu en 2017 une réduction de 40% de l’accès à travers des lignes de front vers des zones assiégées et difficiles d’accès par rapport à 2016.  « En moyenne, en 2017, nous avons apporté une aide à 165.000 personnes par mois, ce qui est un niveau totalement insuffisant », a-t-il dit. « Nous apportions une aide à 50 fois plus de personnes dans des zones difficiles d’accès et assiégées l’année passée par rapport à cette année-là ».

La raison principale derrière la réduction du nombre des convois est le refus constant du gouvernement syrien de donner son aval, a-t-il dit.

« Si la situation ne change pas, nous verrons davantage de personnes mourir de faim et de maladie que dans des bombardements », a averti le Secrétaire général adjoint.

De son côté, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires politiques, Jeffrey Feltman, a rappelé que, dans deux semaines, le conflit syrien entrera dans sa huitième année.

« Il n’y a pas de mots pour exprimer notre frustration au sujet de l’échec collectif de la communauté internationale pour mettre fin à ce conflit. Mais cette frustration n’est rien comparée à la souffrance et à la destruction qui accablent sans relâche le peuple syrien », a-t-il déclaré devant les membres du Conseil de sécurité. 

« Et nous voici ici de nouveau aujourd’hui parce que le bref répit demandé à l’unanimité par ce Conseil de sécurité dans la résolution 2401 (2018) ne s’est pas matérialisé », a constaté M. Feltman. Non seulement les frappes aériennes, les tirs d’artillerie, et l’offensive au sol se poursuivent, il y a même des informations faisant état d’une autre attaque au chlore, s’est-il alarmé.

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Les combats et les bombardements se poursuivent dans la Ghouta orientale, en Syrie, la trêve n’ayant finalement pas été respectée dans cette enclave rebelle proche de la capitale Damas, a indiqué un porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), Jens Laerke.