L'Assemblée générale appelle à la cessation immédiate des violences en Syrie

Des réfugiés syriens arrivent au Liban.
HCR/F. Juez
Des réfugiés syriens arrivent au Liban.

L'Assemblée générale appelle à la cessation immédiate des violences en Syrie

Alors que les combats se poursuivent en Syrie, l'Assemble générale a adopté vendredi une résolution condamnant le recours accru aux armes lourdes par les forces gouvernementales et exhorté les parties à renoncer à la violence.

Alors que les combats se poursuivent en Syrie, l'Assemble générale a adopté vendredi une résolution condamnant le recours accru aux armes lourdes par les autorités syriennes et exhorté toutes les parties à cesser immédiatement les violences armées.

Présentée par le Groupe arabe, ce texte a été adopté par 133 voix pour, 12 contre et 31 abstentions, deux semaines après l'échec du Conseil de sécurité à mettre fin aux effusions de sang.

Dans le texte adopté aujourd'hui, l'Assemble générale « condamne le recours accru aux armes lourdes par les autorités syriennes, notamment le pilonnage aveugle d'agglomérations à partir de chars et d'hélicoptères et le fait que le retour des troupes dans les casernes, avec leurs armes lourdes, n'a pas été assuré. »

Formé de 193 États Membres de l'ONU, l'organe universel a également condamné toutes les violences, « d'où qu'elles viennent » et exigé que toutes les parties appliquent immédiatement les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

Présent lors de cette séance, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a de nouveau exprimé ses regrets devant les divisions qui ont empêché le Conseil de sécurité de parvenir à un accord, soulignant que les intérêts immédiats du peuple syrien devaient prévaloir sur les rivalités et les luttes d'influence.

« Le conflit en Syrie est un test pour l'Organisation et je ne veux pas que les Nations Unies le ratent », a-t-il déclaré.

Il a rappelé qu'en dépit de l'acceptation répétée, par les parties, du plan de paix en six points proposé par l'Envoyé spécial conjoint des Nations Unies et de la Ligue des états arabes, Kofi Annan, le gouvernement et les forces d'opposition avaient continué de recourir à des armes, et non à la diplomatie.

En outre, la ville d'Alep est devenue l'épicentre d'une bataille acharnée entre le Gouvernement syrien et ceux qui cherchent à le renverser, a déploré le Secrétaire général. « Mais il n'y a pas de gagnants à Alep aujourd'hui, ni ailleurs dans le pays. Le perdant dans cette escalade, c'est le peuple syrien. »

M. Ban a assuré que la pression exercée par la communauté internationale pouvait faire une différence. « Nous avons tous une responsabilité à assumer vis-à-vis du peuple syrien », a-t-il estimé, ajoutant qu'il fallait user « de tous les moyens pacifiques offerts par la Charte des Nations Unies pour aider les parties à s'unir autour d'un processus de transition mené par les Syriens eux-mêmes et basé sur le dialogue et le compromis, et non sur les balles et les arrestations. »

Selon lui, la responsabilité première de cesser les violences revient aux forces présentes sur le terrain, en particulier celles du gouvernement. « Mais leur refus de déposer les armes ne nous exonère pas de la nécessité d'agir », a-t-il lancé, invitant les États Membres à assumer les responsabilités collectives qui sont les leurs.

De son côté, le Président de l'Assemblée générale, Nassir Abdulaziz Al-Nasser, a regretté que le Conseil de sécurité se soit montré « une fois de plus incapable de faire preuve d'unité et d'agir pour mettre immédiatement terme à la crise effroyable qui sévit en Syrie », affirmant que cette impasse adressait le mauvais signal à toutes les parties du conflit.

Compte-tenu de l'absence de mise en œuvre du plan de paix en six points, l'Assemblée générale n'a pas d'autre choix que d'entreprendre une action crédible et nécessaire. « Il en va de la crédibilité de l'ONU et de la stabilité régionale du Moyen-Orient. La vie de milliers de personnes dépend de notre action », a-t-il prévenu.

Hier, l'Envoyé spécial conjoint Kofi Annan a annoncé qu'il démissionnerait de ses fonctions le 31 août. Le Secrétaire général a déclaré qu'en attendant de trouver un successeur à M. Annan, la médiation ne pourrait être couronnée de succès que si un engagement en faveur du dialogue était pris par les parties.