Des exactions rapportées en Côte d'Ivoire relèvent du droit international, selon des experts de l'ONU

15 novembre 2004

Trois rapporteurs spéciaux de l'ONU rappellent que certaines exactions dont il est fait état en Côte d'Ivoire peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité au regard du droit international et doivent être punis avec toute la sévérité requise par la gravité des faits.

Le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, M. Ambeyi Ligabo, la Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, Mme Yakin Ertürk, et le Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l'intolérance qui y est associée, M. Doudou Diène, ont exprimé aujourd'hui, dans un communiqué commun , « la vive préoccupation » que leur inspirent la situation en Côte d'Ivoire.

Ils s'y disent particulièrement inquiets par des informations qui leur parviennent et qui font état de plusieurs morts et de nombreux blessés lors de manifestations xénophobes qui se sont déroulées au cours des derniers jours à Abidjan.

« Des violences sexuelles contre des femmes et des jeunes filles auraient eu lieu dans la capitale. Des groupes de Jeunes Patriotes appelant à libérer le pays auraient brûlé des kiosques et des bureaux de presse, détruit des journaux, intimidé et agressé des vendeurs de journaux et saccagé des bureaux appartenant aux partis politiques d'opposition », indiquent les rapporteurs dans leur communiqué.

Faisant état des pillages et des incendies volontaires de résidences, d'écoles et de bureaux appartenant à des étrangers auraient été pillés et brûlés, ils ajoutent que, dans certains cas, des membres des forces armées ivoiriennes eux-mêmes auraient incité à commettre des exactions.

Les Rapporteurs spéciaux soulignent que les viols ou toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable constituent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité au regard du droit international et doivent être punis avec toute la sévérité requise par la gravité des faits.

Ils rappellent que tout appel à la haine nationale, raciale ou religieuse qui constitue une incitation à la discrimination, à l'hostilité ou à la violence est interdit par les instruments internationaux auxquels la Côte d'Ivoire est partie et engagent le Gouvernement ivoirien « à prendre toutes les mesures nécessaires afin de prévenir toutes les violations des droits de l'homme et du droit humanitaire, le cas échéant à punir leurs auteurs, et à assurer protection et sécurité pour toutes les personnes se trouvant sur son territoire.»

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