Le projet de résolution sur la Côte d'Ivoire incluerait la demande des chefs d'Etat africains

15 novembre 2004

Interrogé ce matin sur ce qu'il advenait du projet de résolution sur la Côte d'Ivoire qui devrait être mis au vote dans la soirée, le représentant de la France auprès de l'ONU à New York a indiqué que des contacts étaient en cours pour intégrer la demande exprimée par le Sommet des chefs d'Etats africains, réunis hier au Nigeria, qui se sont ralliés au projet de résolution présenté tout en demandant l'application immédiate de l'embargo sur les armes.

Répondant aux questions des médias qui, lors de sa présentation à la presse de la mission du Conseil de sécurité en Afrique centrale, ont souhaité savoir ce que devenait le projet de résolution sur la Côte d'Ivoire qui devait être mis au vote dans l'après-midi, l'ambassadeur de la France a déclaré que, s'exprimant cette fois en tant que représentant de la France, il avait pris connaissance avec intérêt des résultats du Sommet des chefs d'Etats africains qui s'est déroulé hier dans capitale du Nigeria, Abuja.

Rappelant que cette réunion au sommet était présidée par le Président du Nigeria, qu'y participaient les président du Ghana, du Togo, du Burkina-Faso, du Gabon, le Secrétaire général de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la Côte d'Ivoire et que le Président de la Côte d'Ivoire était représenté par le Président de l'Assemblée ivoirienne, l'ambassadeur de La Sablière a lu un passage du communiqué publié à l'issue du Sommet.

Dans ce paragraphe, est exprimé l'appui du Sommet au projet de résolution déposé auprès du Conseil de sécurité, lequel prévoit, entre autres dispositions, l'imposition d'un embargo sur les armes à l'encontre de la Côte d'Ivoire et demande que cet embargo prenne effet dès l'adoption de la résolution.

Le représentant de la France a indiqué que « des contacts informels » étaient en cours pour étudier cette demande d'application immédiate de l'embargo sur les armes et a précisé que le souhait de sa délégation était que l'on prenne en compte cette demande.

« L'action qui est menée par le Conseil de sécurité, par les Nations Unies en général, par la CEDEAO, par la France, vise à l'application des accords de Linas-Marcoussis et à la mise en œuvre des engagements qui ont été pris à Accra par les parties. C'est ce que nous recherchons », a précisé Jean-Marc de la Sablière.

Interrogé sur l'éventualité d'introduire dans la résolution un mécanisme de vérification de l'efficacité des sanctions, l'ambassadeur a indiqué que l'important était que le texte passe aujourd'hui, que ce qui était examiné étaient les modifications à apporter au texte pour rendre l'embargo immédiat mais qu'aucun autre changement n'était envisagé, si ce n'est que la période envisagée pour la prise de mesures individuelles étant de 30 jours, la date d'échéance ne tomberait plus le 10 mais le 15, si la résolution est adoptée aujourd'hui.

Sur la question de l'efficacité des sanctions, « il est clair que la ligne qui est celle du Conseil de sécurité, de l'Union africaine et de la CEDEAO est qu'il n'y pas de solution militaire mais une solution politique » qui passe par l'application des accords de Linas-Marcoussis, a-t-il ajouté, faisant observer qu'à partir du moment où le Conseil de sécurité souhaitait souligner la prévalence de l'option politique, « il y avait une cohérence à vouloir un embargo sur les armes qui soit un embargo efficace. »

« Nous allons y regarder de très près », a-t-il affirmé.

 

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