La santé, un aspect du fossé qui sépare riches et pauvres, déclare Jimmy Carter

19 mai 2004

La santé n'est que l'un des aspects du « plus grand défi qui se pose au monde [...] le fossé grandissant entre les riches et les pauvres», ceux-ci devenant de plus en plus conscients de l'indifférence des riches du fait du développement des moyens d'information, a déclaré aujourd'hui Jimmy Carter, l'ex-Président des Etats-Unis et président du Centre Carter, devant l'Assemblée générale de l'Organisation mondiale de la santé.

« La disparité des richesses croît parallèlement aux immenses améliorations en matière de communications, de sorte que les pauvres sont de plus en plus conscients de leur pauvreté relative et l'indifférence apparente du monde à leur situation désespérée. Cela fait naître un sentiment d'abandon, de désespoir et de ressentiment compréhensible contre les puissants et les riches, qui restent indifférents » a déclaré (en anglais) Jimmy Carter.

Une prise de conscience dans les pays riches permettrait de combler ce fossé, et nous en retirerions tous de grands bénéfices économiques. « Cela permettra aussi de promouvoir les droits de l'homme et de réduire la violence », indique un communiqué de l'Organisation paru aujourd'hui.

Jimmy Carter, qui est président du Centre Carter, une fondation consacrée à la « promotion de la paix, à la lutte contre les maladies et à la préservation de l'espoir », a brossé un tableau des priorités à l'heure actuelle en matière de santé.

Les activités des ministères de la santé doivent être fondées sur « des informations claires et quantifiables pour des pays donnés [...] et reposer sur des objectifs spécifiques, des mesures périodiques et précises des progrès ou du manque de progrès. »

Il a insisté sur l'obligation de rendre des comptes et sur l'efficacité de l'utilisation des ressources. Plus l'information provient directement des villages concernés, plus elle est convaincante, a-t-il observé.

M. Carter a par ailleurs attiré l'attention sur la lutte contre les maladies mentales dans le monde et sur la stigmatisation qui les entoure. Or, a-t-il rappelé, cinq des 10 premières causes d'incapacité pour la population de 15 à 44 ans sont des maladies mentales. « D'ici à 2020, la dépression figurera au deuxième rang des causes d'incapacité ».

« Enfin, des 1,6 millions de morts violentes dans le monde, y compris du fait des homicides et des victimes de la guerre, près de la moitié est due au suicide » a-t-il souligné.

La Cinquante-Septième Assemblée mondiale de la Santé, qui se déroule du 17 au 22 mai, réunit à Genève les 192 Etats Membres de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

 

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