La Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, qui fait partie du contingent français de la FINUL, a récemment partagé son expertise et ses connaissances avec la Défense civile libanaise et ses pompiers.

De Paris au sud du Liban : la mission intense de sapeurs-pompiers français déployés au sein de la FINUL

FINUL
La Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, qui fait partie du contingent français de la FINUL, a récemment partagé son expertise et ses connaissances avec la Défense civile libanaise et ses pompiers.

De Paris au sud du Liban : la mission intense de sapeurs-pompiers français déployés au sein de la FINUL

Paix et sécurité

Présentes dans le pays depuis 1978, les forces françaises sont l’un des plus anciens pays contributeurs de troupes de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban, la FINUL. Leur dernier déploiement comprenait des membres de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP).

Les Sapeurs-pompiers de Paris sont une unité de l'armée française qui sert de principal service d'incendie et de secours pour Paris. C'est également le plus grand service d'incendie d'Europe. Mais ils sont aussi sur d’autres fronts. Ainsi deux de ses sous-officiers et quatre militaires du rang étaient récemment déployés au sein de la FINUL, qui compte actuellement environ 10.000 Casques bleus.

À l’origine, la FINUL a été établie en mars 1978 par le Conseil de sécurité de l’ONU pour confirmer le retrait des troupes israéliennes du sud du Liban, rétablir la paix et la sécurité internationales et aider le gouvernement libanais à rétablir son autorité effective dans la région. Le mandat de la mission a été ajusté deux fois en raison des développements intervenus en 1982 et en 2000.

Après la crise de juillet/août 2006, le Conseil a décidé que la Force devra, en sus de l’exécution de son mandat d’origine, contrôler la cessation des hostilités, accompagner et appuyer les forces armées libanaises à mesure de leur déploiement dans tout le Sud et fournir son assistance pour aider à assurer un accès humanitaire aux populations civiles et le retour volontaire des personnes déplacées dans des conditions de sécurité.

Le Major Pascal Verger et ses collègues viennent de rentrer d’une mission de quatre mois au Liban. Basés dans le camp de Deir Kifa, leur mission principale était de prévenir et lutter contre le risque incendie. Ce détachement a donc assuré au quotidien la protection des personnes et des biens sur les sites occupés par le contingent français de la FINUL.

Mais ils étaient aussi là pour sensibiliser au risque d'incendie tous les personnels qui sont dans les camps et les personnels militaires. Car « c’est l'un des principaux dangers que l'on peut avoir là-bas et qu'on sous-estime souvent », a expliqué Pascal Verger dans un entretien avec ONU Info.

Enfin, ils ont formé en secourisme et en incendie les personnels militaires et la population.

La Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, qui fait partie du contingent français de la FINUL, a récemment partagé son expertise avec la Défense civile libanaise et ses pompiers.
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La Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, qui fait partie du contingent français de la FINUL, a récemment partagé son expertise avec la Défense civile libanaise et ses pompiers.

Former les pompiers libanais en théorie et en pratique

Ces pompiers de Paris ont également décidé de partager une partie de leur expertise avec les pompiers libanais « pour pouvoir échanger sur nos techniques mais aussi leur permettre de se former sur le caisson de feu », caisson d’entraînement qui permet de s’exercer à la maîtrise de tout type d’incendie. « Les pompiers libanais sont assez demandeurs », a expliqué le Major Verger, « surtout pour leurs jeunes recrues qui n'ont pas l'occasion de s'aguerrir sur le feu autrement que sur un premier feu ».

Après un peu de théorie, l’équipe de sapeurs-pompiers parisiens a pu donc former 28 pompiers libanais, non seulement en feu mais aussi en désincarcération. « C'était un vœu de leur chef de centre de pouvoir découper une voiture et leur montrer nos techniques que nous utilisons à Paris », a-t-il détaillé. « Ils ont à peu près le même matériel que nous, donc ça tombait très bien. Ça a permis d'échanger et de leur dire comment faire. Cette formation était d’autant plus importante que les accidents de circulation au Liban sont assez dramatiques ».

Les pompiers de Paris ont partagé une partie de leur expertise avec les pompiers libanais pour leur permettre de se former sur le caisson de feu, caisson d’entraînement qui permet de s’exercer à la maîtrise de tout type d’incendie.
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Des feux de champs à Paris, il n’y en a pas beaucoup

Bien que le travail principal de la BSPP soit la sécurité incendie dans les camps, la brigade, si nécessaire, aide les pompiers libanais. Ainsi, durant leur mission et grâce à du matériel supplémentaire adapté, un feu de champs de 10.000 mètres carré a pu être endigué.

« C’était vraiment un partenariat avec les pompiers libanais. Nous, on a fait le gros d'extinction, eux, ils ont réussi avec leurs pompes à éteindre les foyers résiduels qu’on ne pouvait pas atteindre ». Pour le Major Verger, c’était une expérience très intéressante « parce qu'on ne se connaissait pas et on s’est rencontré sur l’intervention. Et en fait, on a les mêmes réflexes sur le feu, on a les mêmes attentes. On sait qu'il faut attaquer à droite et à gauche pour réduire la taille du feu. Donc c'était vraiment une intervention en osmose », a-t-il expliqué.

La Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, qui fait partie du contingent français de la FINUL, a récemment partagé son expertise et ses connaissances avec la .Défense civile libanaise et ses pompiers.
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Première mission très prenante et très enrichissante

Pour le Major Verger, sa mission de 4 mois a été assez intense. « On a près de 900 extincteurs et de détecteurs de fumée à contrôler, on a 900 personnels à sensibiliser, on a les caissons de feu à faire, donc c'est une mission très prenante », a-t-il indiqué. Mais cette mission lui a apporté bien plus : une ouverture d’esprit. « Bien qu’étant militaire, à la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, on discute qu’entre pompiers. Là, on a découvert la Légion étrangère qui était avec nous à ce moment-là, on a découvert les régiments de train, on a découvert tous les régiments qui existent dans l'armée de terre ».

Pour lui, ce fut donc un enrichissement professionnel mais aussi personnel. « On a eu la chance d'aller donner des cours de secourisme dans les collèges, d'abord aux professeurs, puis aux élèves. Et ça a permis de vraiment connaître la population, de pouvoir discuter avec eux, savoir quels étaient leurs problèmes, leurs soucis. Ce qui nous permet de relativiser nos vies et puis de découvrir qu'effectivement on a une aide à apporter à tout un chacun et eux aussi en contrepartie, ils ont une richesse à nous apporter et c'est ça que j'ai découvert ».

Liban : des sapeurs-pompiers français au sein de la FINUL

Rentré enrichi et prêt à repartir

En 25 ans de travail au sein des pompiers de Paris, c’était la première fois que le Major Verger quittait Paris pour faire une mission à l'extérieur. « J'ai trouvé ça très enrichissant. Et si c'était à refaire, je le referais sans problème », a-t-il dit. « On a vraiment senti qu’on aidait la population là-bas. En fait, il craignait d’être perçu comme intrusif. Mais ce n’était pas le cas. « C'est pour ça que j'ai vraiment apprécié. Oui, si c'était à refaire, je referais ça sans problème », a-t-il ajouté avec enthousiasme.

Preuve en est : tous les jours, il conseille à tous ses collègues de la BSPP d'avoir cette expérience. « Quel que soit le grade, qu'on soit chef de détachement, ou conducteur, ou chef d'équipe, c'est une superbe expérience. Les six qui ont été dans mon détachement, on est sorti vraiment grandi de cette expérience humaine », a-t-il conclu.