Tigré : les combats doivent cesser, déclare le chef de l'ONU

Des personnes déplacées par le conflit au Tigré sont rassemblées sur un site dans la région d'Afar, en Ethiopie.
© UNHCR/Alessandro Pasta
Des personnes déplacées par le conflit au Tigré sont rassemblées sur un site dans la région d'Afar, en Ethiopie.

Tigré : les combats doivent cesser, déclare le chef de l'ONU

Paix et sécurité

Les combats dans la région du Tigré, en Ethiopie, « échappent à tout contrôle » et la violence et les destructions « ont atteint des niveaux alarmants », a déclaré lundi le chef de l'ONU. 

Selon le Secrétaire général, António Guterres, qui s'exprimait lors d’un point de presse consacré à la situation en Ethiopie, au siège de l’ONU à New York, il n'y a pas de solution militaire pour mettre fin à près de deux ans de conflit brutal qui a fait des dizaines de milliers de morts.

C’est la deuxième fois en deux jours que le chef de l’ONU s’exprime sur la situation en Ethiopie alors que des informations font état de bombardements intensifs contre Shire et d'autres villes du Tigré et de l'épuisement des vivres dans la capitale régionale Mekelle, sur fond d’inquiétudes croissantes concernant une éventuelle famine.

Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées depuis que les troupes gouvernementales ont commencé à combattre les forces séparatistes du Tigré en novembre 2020, suite à la montée des tensions entre les autorités nationales et régionales.

Les troupes érythréennes auraient rejoint l'armée éthiopienne et traversé la frontière du Tigré. La distribution de l'aide a été gravement entravée depuis une recrudescence des combats en août.

Le Secrétaire général de l'ONU devant des journalistes au siège de l'ONU.
Photo ONU/Eskinder Debebe
Le Secrétaire général de l'ONU devant des journalistes au siège de l'ONU.

Les civils paient un prix horrible

Le chef de l'ONU a déclaré qu'il devait y avoir « un retrait et un désengagement immédiats des forces armées érythréennes d'Éthiopie », ajoutant que les civils « payaient un prix horrible » dans toute la région. 

« Des attaques aveugles - y compris dans des zones résidentielles - tuent chaque jour plus d'innocents, endommagent des infrastructures essentielles et limitent l'accès à des services vitaux », a-t-il dit. 

Il a déclaré que des récits inquiétants avaient été reçus de « violences sexuelles et autres actes de brutalité contre des femmes, des enfants et des hommes ». « Toutes les parties doivent respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire ». 

Le niveau des besoins, a-t-il dit, est maintenant stupéfiant. Avant même la reprise des combats en août après une accalmie de cinq mois, 13 millions de personnes étaient dans le besoin dans la zone de guerre comprenant le Tigré, l'Amhara et l'Afar dans le nord de l’Ethiopie. 

Assistance humanitaire interrompue

Les livraisons d'aide au Tigré ont été suspendues pendant plus de sept semaines, a souligné M. Guterres, et l'assistance aux régions d’Amhara et d’Afar a également été interrompue. 

« Toutes les parties doivent permettre et faciliter le passage rapide et sans entrave des secours humanitaires pour tous les civils dans le besoin. Les Nations Unies sont prêtes à soutenir l'Union africaine de toutes les manières possibles pour mettre fin à ce cauchemar pour le peuple éthiopien », a déclaré le Secrétaire général. 

Il a ajouté sa voix à l'appel de l'Union africaine pour une reprise des pourparlers, qui devaient avoir lieu en Afrique du Sud le mois dernier. 

« Nous avons besoin de la reprise urgente des pourparlers en vue d'un règlement politique efficace et durable », a déclaré M. Guterres. « La communauté internationale doit se rassembler maintenant pour la paix en Éthiopie ».