Dégâts causés par des tirs d'obus à Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine.

Guerre en Ukraine : les besoins de la population augmentent de jour en jour, prévient l’ONU

© UNICEF/Evegeniy Maloletka
Dégâts causés par des tirs d'obus à Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine.

Guerre en Ukraine : les besoins de la population augmentent de jour en jour, prévient l’ONU

Paix et sécurité

Au 22e jour de l’invasion russe en Ukraine, la cheffe des affaires politiques de l’ONU a informé le Conseil de sécurité, lors d’une réunion d’urgence jeudi, que les besoins de la population ukrainienne augmentaient de jour en jour.

« Les attaques quotidiennes continuent de frapper les villes ukrainiennes. Beaucoup seraient aveugles, faisant des victimes civiles et endommageant des infrastructures civiles », a expliqué la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo, devant les membres du Conseil.

Elle a indiqué qu’entre le 24 février et le 15 mars, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) avait enregistré 1.900 victimes civiles. Au total, 726 personnes ont été tuées, dont 52 enfants, et 1.174 blessées, dont 63 enfants. Et le nombre réel est probablement beaucoup plus élevé.

La plupart de ces victimes ont été causées par l'utilisation dans des zones peuplées d'armes explosives à large zone d'impact. Des centaines de bâtiments résidentiels ont été endommagés ou détruits, tout comme des hôpitaux et des écoles. « Il incombe à toutes les parties de respecter pleinement leurs obligations de protéger la vie de tous les civils partout », a dit Mme DiCarlo.

Elle a ajouté que le HCDH était gravement préoccupé par les informations faisant état d'arrestations arbitraires et de disparitions forcées de civils, d'autorités locales et de militants de la société civile dans les zones contrôlées par la Russie. « Nous appelons à leur libération immédiate », a-t-elle dit.

La cheffe des affaires politiques a indiqué que cette semaine, des signaux positifs ont été signalés concernant les pourparlers directs en cours entre les représentants ukrainiens et russes.

Elle a salué ces pourparlers mais a noté qu’ils ne se sont jusqu'à présent pas traduits par la cessation des hostilités.

Distribution de pain dans une station de métro à Kharkiv, en Ukraine.
© PAM
Distribution de pain dans une station de métro à Kharkiv, en Ukraine.

Situation alarmante à Marioupol

Elle a souligné que la situation dans la ville portuaire de Marioupol, dans le sud-est du pays, est « particulièrement alarmante ». De nombreux habitants de Marioupol qui n'ont pas pu évacuer en toute sécurité manquent de nourriture, d'eau, d'électricité et de soins médicaux. Des cadavres non récupérés gisent dans les rues de la ville, a-t-il précisé.

« La dévastation et les souffrances à Marioupol et à Kharkiv suscitent de graves craintes quant au sort de millions d'habitants de Kyïv et d'autres villes confrontées à des attaques de plus en plus intenses », a-t-elle ajouté, rappelant que le droit international humanitaire est « limpide » : « les civils ont droit à une protection contre les dangers découlant des opérations militaires. Les attaques directes contre les civils sont interdites ».

« Pourtant, l'ampleur des pertes civiles et la destruction des infrastructures civiles en Ukraine ne peuvent être niées. Cela exige une enquête approfondie et une reddition des comptes », a-t-elle ajouté.

Elle a expliqué que la priorité pour l'ONU et ses partenaires était d'atteindre les personnes piégées par les bombardements en cours, y compris dans l'est de l'Ukraine. À cette fin, l’Organisation continue d'intensifier ses opérations sur le terrain, si les circonstances le permettent.

« Les besoins de la population augmentent de jour en jour. L'ONU demande un passage sûr pour les civils et les fournitures humanitaires dans les zones encerclées », a-t-elle dit.

De son côté, le Secrétaire général de l’ONU se félicite de tous les contacts diplomatiques en cours et « reste activement engagé auprès des dirigeants qui tentent de mettre fin à cette guerre », a précisé Mme DiCarlo.

« Le Secrétaire général demande instamment des efforts politiques intensifiés et coordonnés pour une cessation immédiate des hostilités. Il doit y avoir un processus politique durable et significatif pour permettre un règlement pacifique. La vie de millions d'Ukrainiens et la paix et la sécurité de toute la région, et peut-être au-delà, en dépendent », a-t-elle conclu.

L'OMS fournit une assistance sur le terrain

De son côté, le chef de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghrebreyesus, a prévenu que la guerre en Ukraine avait des conséquences dévastatrices sur la santé du peuple ukrainien, alors que « les services de santé et l'accès aux produits de base sont gravement perturbés en raison de la destruction généralisée des infrastructures d'approvisionnement en eau et d'assainissement et, de plus en plus, des établissements de santé ».

L'OMS a vérifié 43 attaques contre les soins de santé, faisant 12 morts et 34 blessés, dont des agents de santé. « Les attaques contre les soins de santé constituent une violation du droit international humanitaire », a rappelé le Dr Tedros.

Il a souligné que son agence était sur le terrain, travaillant avec le ministère de la Santé et ses partenaires, pour aider les agents de santé et le système de santé en Ukraine à continuer à fournir des soins pour répondre aux besoins sanitaires immédiats.

« Jusqu'à présent, nous avons envoyé environ 100 tonnes métriques de fournitures médicales, y compris de l'oxygène, de l'insuline, des fournitures chirurgicales, des anesthésiques et des kits de transfusion sanguine - assez pour 4.500 patients traumatisés et 450.000 patients en soins de santé primaires, pendant un mois », a-t-il dit. « D'autres équipements, notamment des générateurs d'oxygène, des générateurs électriques et des défibrillateurs ont également été livrés, et nous nous préparons à envoyer 108 tonnes métriques supplémentaires ».

Le chef de l’OMS a adressé trois demandes urgentes aux membres du Conseil de sécurité. Il a tout d’abord exhorté le Conseil à œuvrer pour un cessez-le-feu immédiat et une solution politique. Il a exhorté tous les donateurs à soutenir la réponse aux besoins humanitaires en Ukraine et dans les pays voisins. Et troisièmement, il a exhorté le Conseil à ne pas perdre de vue les nombreuses autres crises dans lesquelles les gens souffrent.

Plus de 3,1 millions de réfugiés

Le Conseil de sécurité a également entendu un exposé du Haut-Commissaire adjoint pour les réfugiés, Raouf Mazou.

Il a indiqué que le nombre de réfugiés ukrainiens dépassait aujourd'hui les 3,1 millions, dont près de 2 millions en Pologne, qui « est devenue en quelques semaines l'un des plus grands pays d'accueil de réfugiés au monde ».

« Avec le rythme actuel des flux de réfugiés, les capacités des pays voisins sont mises à l'épreuve. Nous pouvons et devons faire plus pour soutenir, et nous devons le faire maintenant. Au fur et à mesure de l'évolution de la situation, le HCR, en coordination avec les gouvernements hôtes et les partenaires, réévaluera les besoins si nécessaire », a dit M. Mazou.