Le HCR demande au Tadjikistan de cesser les expulsions d’Afghans

19 novembre 2021

L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est dite alarmée, vendredi, par l’expulsion de demandeurs d’asile afghans par les autorités tadjikes cette semaine.

Selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), onze hommes, femmes et enfants ont été renvoyés de force en Afghanistan le 11 novembre dernier, avant tout examen de leurs demandes d’asile et de protection. Le HCR appelle les autorités tadjikes à s’abstenir de tout retour de demandeurs d’asile afghans vers l’Afghanistan. Selon l’ONU, le Tadjikistan est tenu de permettre l’accès à son territoire aux personnes en quête de protection internationale, en vertu du droit international.

Par ailleurs, l’Agence onusienne a invité Douchanbé à reprendre immédiatement les procédures de résidence légale et de détermination du statut de réfugié. En effet, le HCR est préoccupé par les obstacles croissants auxquels se heurtent les citoyens afghans en quête de sécurité et d’accès aux procédures d’asile au Tadjikistan de manière plus générale.

Recommandation aux Etats sur la cessation des expulsions vers l’Afghanistan

À la fin du mois de juillet, les autorités locales ont suspendu la délivrance de permis de séjour à tous les Afghans nouvellement arrivés, alors que ces documents sont une condition préalable aux demandes d’asile. En outre, la commission d’État chargée de l’examen des demandes d’asile a suspendu son travail d’examen des demandes de statut de réfugié.

« Ces obstacles à l’asile font que les Afghans nouvellement arrivés se retrouvent sans papiers dans le pays et sont passibles d’amendes, d’une éventuelle arrestation et d’une expulsion », a fait valoir dans un communiqué le HCR.

L’Agence onusienne, a publié le 16 août dernier une Recommandation sur la cessation des expulsions vers l’Afghanistan, appelant les Etats à cesser les reconduites forcées de ressortissants afghans, y compris les demandeurs d’asile déboutés. Pour le HCR, la question de savoir si les Afghans qui tentent de se réfugier dans les pays voisins ont ou non besoin d’une protection internationale ne peut être tranchée que par « une évaluation équitable et efficace de la détermination du statut de réfugié».

Des retours forcés exposant les demandeurs d’asile à un risque de persécution à leur retour

« Il n’est donc pas possible d’évaluer si les personnes renvoyées craignent d’être persécutées ou de subir des violations des droits de l’homme en Afghanistan », a fait remarquer le HCR. Dans ces circonstances, l’Agence onusienne estime que les retours forcés peuvent « exposer les demandeurs d’asile à un risque de persécution à leur retour et constituent donc une violation grave du droit international».

D’autant que le HCR reste préoccupé par le risque de violations des droits humains à l’encontre des civils dans ce contexte évolutif, y compris les femmes et les jeunes filles, les personnes perçues comme ayant une affiliation actuelle ou passée avec l’ancien gouvernement afghan, les organisations internationales ou les forces militaires internationales.

A noter que la Recommandation du HCR sur la cessation des expulsions vers l’Afghanistan reste en vigueur jusqu’à ce que la situation de sécurité, l’Etat de droit et le respect des droits humains s’y seront suffisamment améliorés pour permettre des retours sûrs et dignes.

 

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