Yémen : l'envoyé de l'ONU appelle à la fin immédiate des combats, alors que les besoins humanitaires augmentent

Un homme déplacé par les combats au Yémen (photo d'archives).
UN OCHA/Giles Clarke
Un homme déplacé par les combats au Yémen (photo d'archives).

Yémen : l'envoyé de l'ONU appelle à la fin immédiate des combats, alors que les besoins humanitaires augmentent

Paix et sécurité

Avant une réunion à huis clos du Conseil de sécurité sur le Yémen, l'Envoyé spécial de l'ONU, Hans Grundberg, a déclaré qu'un processus politique dirigé par l'ONU pourrait toujours faire partie d'une solution durable au conflit qui ravage ce pays.

Participant par téléconférence, M. Grundberg a informé les membres du Conseil de sa visite de trois jours dans le gouvernorat de Taëz, où il a tenu des réunions dans la ville de Taëz, à Turbah et à Mokha, et a discuté de la nécessité urgente de mettre fin à la violence.

« Ces visites m'ont donné une expérience de première main de l'impact du conflit sur les civils à Taëz, y compris les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans leur vie quotidienne », a déclaré M. Grundberg dans un communiqué.

Ces visites lui ont également donné « l'occasion d'entendre directement des hommes, des femmes et des jeunes yéménites expliquer comment un processus politique dirigé par l'ONU peut aider à remédier à la situation à Taëz dans le cadre d'une solution durable au conflit ».

Dans la ville de Taëz et à Turbah, l'Envoyé spécial a rencontré le gouverneur local, Nabil Shamsan, des représentants de partis politiques, de la société civile, des membres du Parlement, des chefs d'entreprise et des journalistes.

Les représentants ont fait part de leurs préoccupations concernant le ciblage des civils dans les quartiers résidentiels et les restrictions sévères à la libre circulation des personnes et des biens en raison de la fermeture continue des routes. Ils ont également discuté de la forte détérioration de l'économie et des services de base.

M. Grundberg a souligné la nécessité de solutions globales et d'un dialogue politique inclusif. Il a appelé toutes les parties prenantes à s'engager dans des discussions sur les questions politiques, militaires et économiques qui concernent tous les Yéménites.

A Mokha, il a rencontré les autorités locales, le Bureau politique de la Résistance nationale et Al-Hirak Al-Tihami.

Situation humanitaire

Le Sous-Secrétaire général par intérim aux affaires humanitaires et Coordonnateur adjoint des secours d'urgence, Ramesh Rajasingham, a également fait un exposé au Conseil de sécurité.

Selon lui, les combats se poursuivent le long de près de 50 lignes de front, y compris à Marib, où au moins 35.000 personnes ont été contraintes de fuir depuis septembre.

La communauté humanitaire intensifie son assistance, mais elle est rapidement dépassée par l'ampleur croissante des besoins humanitaires.

L'ONU est profondément préoccupée par le fait que les conditions pourraient rapidement empirer. Si les combats atteignent la ville elle-même, les agences estiment que cela pourrait déplacer 450.000 personnes supplémentaires.

L'ONU continue d'appeler à la fin immédiate de l'offensive de Marib et à un cessez-le-feu à l'échelle nationale.

Jusqu'à présent, les agences humanitaires ont reçu environ 55% du financement dont elles ont besoin cette année. Cela a permis d'éviter la famine et d'obtenir d'autres résultats importants, mais l'argent s'épuise rapidement.

La journaliste Rasha al-Harazi est morte dans une attaque au Yémen.
Mohammed Al-Jaberi
La journaliste Rasha al-Harazi est morte dans une attaque au Yémen.

Journaliste assassinée

Dans une déclaration séparée, l'Envoyé spécial a également condamné l'assassinat de la journaliste yéménite Rasha Abdullah Al Harazi, à Aden, mardi dernier. Elle était enceinte et son mari a été grièvement blessé.

« J'offre mes condoléances à la famille endeuillée et réitère mes appels à la justice et à la responsabilité. Partout, les journalistes doivent pouvoir travailler sans crainte de représailles », a déclaré M. Grundberg.

Mme Harazi a été tuée lorsqu'un engin planté dans la voiture dans laquelle elle voyageait avec son mari a explosé. Tous deux étaient employés par une chaîne de télévision basée dans le Golfe.

La Directrice générae de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) a également condamné cet « attentat odieux », notant que Mme Harazi avait été stagiaire de l'UNESCO en 2019.

« Les attaques contre les journalistes sapent la liberté d'expression et la capacité des médias à tenir le public informé, ce qui peut s'avérer vital en période de conflit. L'information est également essentielle pour nourrir le débat public, contrer la haine et contribuer à la résolution des conflits », a déclaré Audrey Azoulay.