Covid-19 : le Comité contre la torture examine « l’escalade de la torture dans les centres de détention »

8 novembre 2021

La pandémie de Covid-19 a exacerbé les conditions de vie difficiles des personnes privées de liberté et les violations des droits humains qu’elles subissent, a alerté lundi un responsable des droits humains de l’ONU à Genève.

« La situation des droits de l’homme pour les détenus a été particulièrement sévère, avec une escalade de la torture et des mauvais traitements dans les centres de détention », a déclaré le Directeur de la Division du Conseil des droits de l’homme et des mécanismes de traités au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Mahamane Cissé-Gouro, à l’ouverture à Genève de la 72e session du Comité contre la torture. 

De plus, les détenus font face à « un allègement voire une suspension du contrôle judiciaire de ces lieux ».

Des risques extrêmes pour des millions de personnes

Plus largement, le nouveau coronavirus continue de créer des difficultés et des risques extrêmes pour des millions de personnes, plus d’un an et demi après le début de la pandémie, la Covid-19 continue de créer des difficultés et des risques extrêmes pour des millions de personnes, a poursuivi M. Cissé-Gouro.  

« Comme l’a déclaré la Haut-Commissaire Michelle Bachelet, lors du Forum annuel de l’Initiative sur la Convention contre la torture, cette crise sanitaire mondiale a créé des défis sans précédent pour la protection des droits de l’homme dans le monde entier, y compris du point de vue de l’interdiction de la torture », a-t-il dit.  De plus, la nécessité d’appliquer les règles de santé publique a souvent entraîné des violations des normes internationales relatives au recours à la force.

Dans ces conditions, un suivi et un dialogue vigoureux avec les États et les autres parties concernées sont d’une importance cruciale pour veiller à ce que les droits de l’homme soient respectés dans ces circonstances, a souligné M. Cissé-Gouro.  

Le fait que des Etats parties soient examinés, notamment par la reprise de séances en présentiel, est une évolution très positive à cette fin, a-t-il relevé.

Retrousser les manches et reprendre ses fonctions d’organe chargé de surveiller les États parties

De son côté, le Président du Comité contre la torture, Claude Heller, a indiqué que la pandémie et ses conséquences négatives sur les droits de l’homme n’étaient pas terminés et que le Comité devait relever ce nouveau défi.

Il s’agit de « retrousser ses manches et reprendre pleinement ses fonctions d’organe chargé de surveiller les États parties à la Convention contre la torture, mais aussi d’examiner les plaintes individuelles concernant la torture dans de nombreuses régions du monde ».  

A noter que Comité contre la torture a ouvert ce matin à Genève les travaux de sa soixante-douzième session, la première en présentiel depuis le début de la pandémie de Covid-19.  

Au cours de cette session prévue jusqu’au 3 décembre prochain, le Comité examinerait notamment l’application de la Convention contre la torture en Suède, au Kirghizistan, au Nigéria, en Lituanie, en Serbie et en Bolivie, ainsi que les listes de points à traiter en vue de l’examen ultérieur des rapports du Canada, du Guatemala, des Pays-Bas, du Pérou et de l’Arabie saoudite.

 

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