Covid-19 : un organe de prévention de la torture préconise une réduction de la population carcérale 

30 mars 2020

Le Sous-Comité des Nations Unies pour la prévention de la torture (SPT) a émis une série de mesures que les gouvernements et les mécanismes nationaux indépendants de surveillance devraient prendre pour protéger les personnes privées de liberté pendant la pandémie de Covid-19. 

« Les gouvernements doivent prendre les mesures de précaution nécessaires pour prévenir la propagation de l’infection et mettre en œuvre des mesures urgentes pour garantir aux détenus un accès aux soins de santé appropriés et pour maintenir le contact avec les familles et le monde extérieur », a déclaré Malcolm Evans, Président du SPT.

Dans un premier temps, les mesures consistent notamment à envisager de réduire la population carcérale en mettant en œuvre des programmes de libération anticipée, provisoire ou temporaire des délinquants à faible risque.  

« Il s’agit aussi d’examiner et réduire le recours à la rétention des immigrants ainsi qu’aux camps de réfugiés fermés », relève le Sous-Comité dans un communiqué rendu public ce lundi à Genève.

Pour cet organe indépendant de l’ONU, il s’agit d’examiner tous les cas de détention provisoire, d’étendre le recours à la libération sous caution pour tous les cas, sauf les plus graves. 

L’avis public du SPT prévoit des mesures que les autorités devraient prendre concernant tous les lieux de privation de liberté, y compris les prisons, les centres de détention pour immigrants, les camps de réfugiés fermés et les hôpitaux psychiatriques, afin d’atténuer les risques pour la santé créés par le coronavirus. 

Éviter la flambée de Covid-19 dans les prisons

« En l’espace de quelques semaines à peine, le coronavirus a eu un impact profond sur la vie quotidienne de chacun. Dans les prisons et autres lieux de privation de liberté, dont beaucoup sont gravement surpeuplés et insalubres, il y a des problèmes de plus en plus aigus qui nécessitent une action immédiate », a ajouté M. Evans. 

Les recommandations mettent également l’accent sur le fait que tous les détenus, les personnes en quarantaine et dans les établissements médicaux fermés, leurs familles et tout le personnel, devraient recevoir des informations fiables, précises et à jour concernant toutes les mesures prises.

Dans les prisons et autres lieux de privation de liberté, dont beaucoup sont gravement surpeuplés et insalubres, il y a des problèmes de plus en plus aigus qui nécessitent une action immédiate – Malcolm Evans

L’avis du SPT souligne également que les organes de surveillance nationaux indépendants, officiellement connus sous le nom de mécanismes nationaux de prévention (MNP) doivent être en mesure de poursuivre leur travail de prévention, y compris leurs visites dans les lieux de détention, même si l’accès aux lieux de détention est temporairement restreint.

Le bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié le 23 mars dernier des recommandations provisoires sur la gestion de Covid-19 dans les prisons et autres lieux de détention.

Ces recommandations contiennent des informations utiles pour le personnel et les prestataires de soins de santé travaillant dans les prisons, ainsi que pour les autorités pénitentiaires.

Pour l’OMS, le risque d’une introduction du virus dans les prisons et autres lieux de détention varie d’un pays à l’autre. Néanmoins, elle estime qu’il est indispensable d’éviter autant que possible l’apparition de cette maladie dans ces environnements. 

« Il n’a jamais été facile de gérer les flambées infectieuses dans les lieux de détention, où les individus se tiennent près les uns des autres », a souligné l’Agence onusienne qui ajoute qu’éviter la flambée de Covid-19 dans les prisons reste une tâche difficile mais essentielle pour les autorités.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Covid-19 : l’ONU s’inquiète des risques de contamination dans les prisons et réclame des mesures d’urgence

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a appelé mercredi les gouvernements à prendre des mesures d’urgence afin de protéger la santé et la sécurité des personnes en détention et dans d’autres centres fermés, dans le cadre des efforts globaux visant à contenir la pandémie de Covid-19.