Soudan : l’ONU condamne le coup d’Etat militaire et réclame la libération immédiate des dirigeants arrêtés

Vue aérienne de Khartoum, capitale du Soudan.
Photo: PAM/Abeer Etefa
Vue aérienne de Khartoum, capitale du Soudan.

Soudan : l’ONU condamne le coup d’Etat militaire et réclame la libération immédiate des dirigeants arrêtés

Paix et sécurité

Plusieurs hauts responsables des Nations Unies, dont le Secrétaire général António Guterres, ont condamné le coup d’Etat militaire perpétré lundi au Soudan et demandé la libération immédiate du Premier ministre et des autres dirigeants civils arrêtés.

L'armée soudanaise a pris le pouvoir lundi, a dissous le conseil de gouvernement qui comprenait des civils et a détenu le Premier ministre et d'autres hauts dirigeants civils, mettant en danger le processus de transition du pays vers la démocratie.

« Le Secrétaire général condamne fermement le coup d'État militaire en cours à Khartoum et toutes les actions qui pourraient compromettre la transition politique et la stabilité du Soudan. Il appelle à la reconstitution immédiate des modalités de gouvernance prévues par le Document constitutionnel », a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse.

« La détention illégale du Premier ministre, de représentants du gouvernement et de politiciens est inacceptable et contrevient au Document constitutionnel et au partenariat essentiel pour le succès de la transition au Soudan. Le Secrétaire général demande la libération immédiate du Premier ministre et de toutes les autres personnes détenues arbitrairement », a-t-il ajouté.

Reprendre le dialogue

Selon le chef de l’ONU, les parties prenantes soudanaises doivent immédiatement reprendre le dialogue et s'engager de bonne foi pour rétablir l'ordre constitutionnel et le processus de transition au Soudan.

Il a réitéré l’engagement et le soutien indéfectibles de l’ONU à la réalisation de la transition politique au Soudan. « Toute tentative de saper ce processus de transition met en danger la sécurité, la stabilité et le développement du Soudan », a dit son porte-parole.

« L'ONU continuera de se tenir aux côtés du peuple soudanais alors qu'il s'efforce de réaliser ses aspirations à un avenir pacifique, prospère et démocratique », a-t-il ajouté.

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a également fermement condamné le coup d’Etat militaire, ainsi que « la déclaration de l'état d'urgence à l'échelle nationale, la suspension d'articles clés du document constitutionnel et des organes directeurs ».

« Ces mesures menacent l'Accord de paix de Juba et compromettent les progrès importants réalisés vers la démocratie et le respect des droits de l'homme », a déclaré Mme Bachelet dans un communiqué de presse.

Selon la cheffe des droits de l’homme des Nations Unies, « les autorités militaires doivent respecter l'ordre constitutionnel et le droit international applicable, se retirer de la rue et résoudre tout différend qu'elles ont avec la composante civile du Conseil de transition par le dialogue et la négociation ».

Elle a demandé la libération immédiate du Premier ministre et des autres responsables arrêtés.

Rétablir l’Internet

« Les coupures générales d'Internet contreviennent au droit international, et les services Internet et mobiles doivent être restaurés, car ils sont essentiels pour que les gens recherchent et reçoivent des informations, en particulier dans ces circonstances. Nous rappelons aux forces militaires et de sécurité de s'abstenir de tout usage inutile et disproportionné de la force, de respecter la liberté d'expression des personnes, ainsi que le droit de réunion pacifique », a ajouté Mme Bachelet.

« Il serait désastreux que le Soudan fasse marche arrière après avoir finalement mis fin à des décennies de dictature répressive. Le pays doit aller de l'avant pour consolider la démocratie, un souhait exprimé à maintes reprises par le peuple soudanais, y compris haut et fort dans les rues la semaine dernière et aujourd'hui », a-t-elle conclu.

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Volker Perthes, a aussi appelé les forces de sécurité à libérer immédiatement les personnes « illégalement détenues ou assignées à résidence ».

« Il est de la responsabilité de ces forces d'assurer la sécurité et le bien-être des personnes placées sous leur garde », a-t-il dit dans une déclaration à la presse.

Il a exhorté toutes les parties prenantes à faire preuve de la plus grande retenue. « Toutes les parties prenantes doivent immédiatement reprendre le dialogue et s'engager de bonne foi à rétablir l'ordre constitutionnel », a-t-il ajouté.