Soudan : la quête de justice et la transition démocratique au cœur d’un débat du Conseil des droits de l’homme

6 octobre 2021

La tentative de coup d’État au Soudan du 21 septembre dernier est un rappel brutal des difficultés auxquelles le pays reste confronté un an après la signature de l’Accord de paix de Juba, a alerté mercredi Volker Perthes, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan.

Pour le Chef de la Mission intégrée des Nations Unies pour l’assistance à la transition au Soudan (MINUATS), la ratification des instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme devait s’accompagner de réformes juridiques et institutionnelles. 

À cet égard, la création d’une nouvelle commission nationale des droits de l’homme indépendante et du Conseil législatif de transition est requise pour faire avancer les réformes juridiques et le renforcement des institutions, a-t-il souligné.

Les réformes face à la résurgence de la violence intercommunautaire

Prête à soutenir le Soudan en ce qui concerne les réformes judiciaires indispensables, l’ONU travaille dans ce domaine avec le Ministère de la justice, le Procureur général et la Cour suprême, a précisé le Représentant spécial du Secrétaire général.

D’autant que depuis huit mois, il y a eu de nombreux appels pour rendre justice aux victimes des graves violations des droits de l’homme commises par le régime précédent au Darfour et pour que les auteurs des violences sexistes actuelles soient jugés. Il a donc  jugé urgent de créer les mécanismes de justice transitionnelle prévus par l’Accord de paix de Juba, notamment le tribunal spécial pour les crimes commis au Darfour.

Malgré la volonté du gouvernement de faire avancer les réformes, a poursuivi M. Perthes, la résurgence de la violence intercommunautaire fait peser de nouvelles menaces sur la protection des civils. Au Darfour, la violence a coûté la vie à 500 civils et déplacé plus de 175.000 personnes depuis le début de l’année, a-t-il indiqué.

Entre janvier et août 2021, environ 418.000 personnes ont été déplacées à la suite de conflits et d’attaques armées au Soudan, principalement au Darfour, dans certaines parties du Kordofan et dans le Nil Bleu : cela représente environ six fois plus de personnes nouvellement déplacées qu’au cours de la même période l’année dernière, a fait valoir M. Perthes. 

Vers l’adoption d’une Charte nationale pour conduire la période de transition

Du côté de Khartoum, le message délivré à Genève a été de rappeler leur détermination à aller de l’avant, près de deux ans après la formation du gouvernement de transition.

Dans le cadre de la mise en œuvre de la transition, « il s’agit d’intensifier les efforts pour parvenir à un accord de paix global, durable et inclusif dans le pays », a affirmé Ilham Ibrahim Mohamed Ahmed, la Sous-Secrétaire adjointe du Ministère des affaires étrangères.

Mme Mohamed Ahmed a rappelé l’engagement de son pays à promouvoir les droits et la dignité des citoyens au Soudan, ainsi qu’à coopérer avec le Conseil des droits de l’homme et tous les mécanismes régionaux et internationaux des droits de l’homme.

Selon des rapports de presse, les forces politiques et les mouvements armés affiliés à l’Alliance des Forces du la liberté et du changement au Soudan ont signé, samedi dernier, une Charte nationale relative à la période de transition. Celle-ci a appelé au maintien du partenariat entre les partis politiques et les mouvements armés de la coalition au pouvoir. La Charte est également ouverte à toutes les forces politiques, - à l’exception de l’ancien Parti du Congrès national au pouvoir-, qui doivent signer le document dans un délai de deux semaines.

 

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