L’ONU exhorte les bailleurs de fonds à financer l’assistance aux millions de Syriens dans le besoin

29 mars 2021

À la veille d’une conférence de bailleurs de fonds sur la Syrie à Bruxelles, trois hauts responsables des Nations Unies ont exhorté lundi les donateurs internationaux à se mobiliser et à soutenir les millions de personnes en Syrie et dans la région qui dépendent d'une aide humanitaire vitale et d'un soutien aux moyens de subsistance, après une décennie de guerre.

Avec l'impact supplémentaire de la pandémie de Covid-19, il n'y a pas de répit pour les civils en Syrie, qui sont confrontés « à une faim et une pauvreté croissantes, à des déplacements continus et à des attaques incessantes », ont souligné dans un communiqué conjoint le chef de l’humanitaire de l’ONU, Mark Lowcock, le chef de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi, et le chef du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Achim Steiner.

Les pays voisins accueillent quatre réfugiés syriens sur cinq dans le monde, tout en essayant également de relever les défis socio-économiques croissants que rencontrent leurs propres citoyens, ont-ils rappelé.

Aujourd'hui, 24 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire ou d’une autre forme d’assistance en Syrie et dans la région. C'est quatre millions de plus qu'en 2020, et plus qu'à tout autre moment depuis le début du conflit syrien.

L’argent octroyé aux plans d’intervention de l’ONU permettra de financer une assistance sous forme de nourriture, d’eau et d’assainissement, de services de santé, d’éducation, de vaccination des enfants et d’abris en Syrie. Cette assistance fournira également une aide en espèces, des possibilités d'emploi ou de formation et d'autres services tels que l'accès à l'enseignement primaire et secondaire, à des millions de personnes en Jordanie, au Liban, en Turquie, en Iraq et en Égypte.

Plus de 10 milliards de dollars nécessaires

En 2021, plus de 10 milliards de dollars sont nécessaires pour soutenir pleinement les Syriens et les communautés d'accueil de réfugiés dans le besoin. Cela comprend au moins 4,2 milliards de dollars pour la réponse humanitaire en Syrie et 5,8 milliards de dollars pour soutenir les réfugiés et les communautés d'accueil dans la région.

« Cela fait dix ans de désespoir et de désastre pour les Syriens. Désormais, l’effondrement des conditions de vie, le déclin économique et la Covid-19 entraînent davantage de faim, de malnutrition et de maladies. Il y a moins de combats, mais pas de dividende de la paix. Davantage de personnes ont besoin de plus d'aide qu'à tout autre moment de la guerre », a déclaré le chef humanitaire de l'ONU, Mark Lowcock.

Lundi matin, il a fait le point de la situation humanitaire en Syrie et dans la région devant les membres du Conseil de sécurité de l’ONU, à New York.

Il a souligné que 13,4 millions de personnes dans toutes les régions de la Syrie ont besoin d'une aide humanitaire, soit 20% de plus que l'an dernier. 

« Notre capacité à fournir une aide et à éviter une situation encore pire pour des millions de civils dépendra de la volonté politique et de la générosité financière de la communauté internationale », a dit Mark Lowcock devant le Conseil de sécurité. « Ce n’est pas le moment de réduire l’aide humanitaire à la Syrie. Nous avons besoin de plus d’argent, pas de moins, si nous voulons éviter une nouvelle détérioration - dont les conséquences pourraient être dramatiques et généralisées ».

Dans le communiqué conjoint, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a également noté qu’après une décennie d’exil, les difficultés des réfugiés syriens sont aggravées par l’impact écrasant de la pandémie, la perte de moyens de subsistance et d’éducation, ce qui aggrave la faim et le désespoir.

« Les gains durement gagnés que nous avons collectivement réalisés au fil des ans sont menacés. La communauté internationale ne peut pas tourner le dos aux réfugiés ou à leurs hôtes », a-t-il ajouté.

L'Administrateur du PNUD, Achim Steiner, a aussi souligné que « plus que jamais, le soutien de la communauté internationale est nécessaire pour répondre aux besoins humanitaires vitaux - et pour faire face à l'urgence de développement aiguë à laquelle la région est aujourd'hui confrontée ».

Lors de la conférence de bailleurs de fonds sur la Syrie l'année dernière à Bruxelles, la communauté internationale a promis 5,5 milliards de dollars de financement pour soutenir les activités humanitaires, de résilience et de développement en 2020.

 

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