Dix ans après le début du conflit, la situation en Syrie reste un cauchemar, selon Guterres

10 mars 2021

Dix ans après le début du conflit en Syrie, la situation dans ce pays reste « un cauchemar vivant », a estimé le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, lors d’un point de presse mercredi au siège de l’ONU à New York.

En mars 2011, le régime syrien a réagi à des manifestations populaires pacifiques en exerçant une répression violente qui a mis le pays sur la voie de la guerre.

Dix ans plus tard, des centaines de milliers de Syriens sont morts, des millions ont été déplacés, et beaucoup d’autres sont détenus illégalement et souvent torturés, portés disparus, ou vivent dans l'incertitude et la misère.

« Pendant dix ans, le monde a vu la Syrie sombrer dans la destruction et le bain de sang. Pendant cette période, les Syriens ont été victimes de violations des droits humains à une échelle massive et systématique. Les parties au conflit ont également violé à plusieurs reprises le droit international humanitaire, jusqu'à présent en toute impunité », a dénoncé le Secrétaire général.

« Il est impossible de saisir pleinement l’ampleur des ravages en Syrie, mais son peuple a subi certains des plus grands crimes dont le monde ait été témoin au cours de ce siècle. L'ampleur des atrocités choque la conscience », a-t-il ajouté, réclamant que les auteurs de ces atrocités rendent des comptes.

Outre les horreurs du conflit, l’économie de la Syrie s’est effondrée et la pauvreté s’est aggravée, alors qu’environ 60% des Syriens risquent de souffrir de la faim cette année.

© UNICEF/Khaled Akacha
En janvier 2021, des enfants dans une zone inondée du camp de Kafr Losin, dans le nord-ouest de la Syrie.

L’aide humanitaire est cruciale

Le chef de l’ONU a estimé qu’il était impératif de continuer à atteindre tous les Syriens qui ont besoin d’une aide humanitaire. Pour cela, un accès humanitaire accru est nécessaire, ainsi qu’une intensification des livraisons à travers les lignes de front et à travers les frontières. « C’est pourquoi j’ai demandé à maintes reprises au Conseil de sécurité de parvenir à un consensus sur cette question cruciale », a-t-il dit.

Le Secrétaire général a rappelé que l'ONU continuerait de rechercher un règlement politique négocié au conflit. Selon lui, un premier pas sur cette voie devrait être des progrès tangibles au sein du Comité constitutionnel syrien.

Il a également jugé nécessaire de combler les divisions actuelles au sein de la communauté internationale « grâce à un dialogue diplomatique soutenu et solide ». « Ne pas le faire ne fera que condamner le peuple syrien à plus de désespoir. Nous ne pouvons tout simplement pas laisser cela se produire », a-t-il ajouté.

De son côté, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a souligné que 12.000 enfants ont été tués ou blessés au cours de dix ans de conflit et que 90% des enfants en Syrie ont besoin d’une assistance, soit une hausse de 20% en un an.

« Les besoins humanitaires ne peuvent pas attendre. La communauté internationale doit tout mettre en œuvre pour instaurer la paix en Syrie et mobiliser le soutien à ses enfants », a déclaré la Directrice exécutive de l'UNICEF, Henrietta Fore, dans un communiqué de presse.

Selon l’agence onusienne, la situation dans le nord de la Syrie est particulièrement alarmante.

Dans le nord-ouest, des millions d'enfants sont toujours déplacés, de nombreuses familles ayant fui la violence à plusieurs reprises, certaines jusqu'à sept fois, en quête de sécurité. 

L’UNICEF rappelle que ces enfants ont subi un hiver marqué par des intempéries, notamment des pluies torrentielles et de la neige, vivant dans des tentes, des abris et des bâtiments détruits ou inachevés. Plus de 75% des violations graves enregistrées en 2020 se sont produites dans le nord-ouest.

 

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