En 20 ans, la menace terroriste a persisté et évolué et oblige à rester vigilant

12 janvier 2021

Deux hauts responsables onusiens ont prévenu mardi le Conseil de sécurité qu’il fallait rester vigilant face à la menace terroriste malgré les revers infligés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique d’Iraq et du Levant (EIIL/Daech) ces dernières années.

« Au cours des deux dernières décennies, la menace du terrorisme a persisté, évolué et s'est répandue, causant des souffrances et des pertes humaines indicibles. Al-Qaïda a fait preuve de résilience malgré la perte de nombreux dirigeants », a déclaré Vladimir Voronkov, chef du Bureau des Nations Unies de la lutte contre le terrorisme, lors d’une réunion du Conseil de sécurité marquant le 20e anniversaire de la résolution 1373 (2001).

L’EIIL « a été en mesure d'exploiter les médias sociaux pour mobiliser et recruter des adeptes dans le monde entier, créant un phénomène de combattant terroriste étranger d'une ampleur sans précédent », a-t-il ajouté.

La résolution 1373 a été adoptée par le Conseil de sécurité à la suite des attentats terroristes du 11 septembre 2001 contre les États-Unis. Ce fut « un moment décisif au cours duquel le Conseil et la communauté internationale ont reconnu la gravité de la menace posée par le terrorisme transnational », a souligné de son côté, Michèle Coninsx, Directrice exécutive de la Direction exécutive du Comité des Nations Unies contre le terrorisme (DECT).

« Au cours des deux décennies suivantes, l'ONU a été au centre des efforts multilatéraux de lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations », a-t-elle ajouté.

Selon son collègue Vladimir Voronkov, face aux menaces terroristes, le Conseil de sécurité « a donné une impulsion et des orientations essentielles aux États membres pour qu'ils fassent preuve d'unité d'objectifs et d'action, en intensifiant les efforts nationaux et la coopération internationale ». 

« Cela a conduit à des succès importants, aidant les États membres à traduire des terroristes en justice et à empêcher de nouvelles attaques », a-t-il ajouté, notant que les aspirations territoriales de l’EIIL en Iraq et en Syrie ont été vaincues, même si le groupe terroriste reste une menace dans la région. 

Garantir que Daech rende des comptes

« Des défis urgents demeurent pour garantir que l’EIIL rende des comptes pour les crimes commis et pour rapatrier des milliers de ressortissants étrangers associés, pour la plupart des femmes et des enfants, qui restent dans l'incertitude », a estimé le chef du Bureau des Nations Unies de la lutte contre le terrorissme. 

Selon lui, l'activité terroriste a montré qu’il faut « rester extrêmement vigilant : la menace reste réelle et même directe pour de nombreux États ».

Il a noté que les terroristes ont cherché à exploiter les perturbations résultant de la pandémie de Covid-19 et les reculs en matière de développement et de droits de l'homme. 

Les terroristes s’adaptent également rapidement, exploitant le cyberespace et les nouvelles technologies, les liens avec le crime organisé, ainsi que les lacunes réglementaires, humaines et techniques, a-t-il estimé, notant que la crise de Covid-19 a amplifié ces tendances.

Face à cette menace persistante, Vladimir Voronkov a plaidé pour un multilatéralisme revigoré et inclusif et a souligné le rôle essentiel que doit jouer le Conseil de sécurité pour garantir un front uni contre le terrorisme.

Il a également jugé nécessaire de regarder au-delà du terrorisme comme tactique et de s'attaquer aux conditions et facteurs sous-jacents qui lui permettent de se maintenir et de se propager. Il a estimé nécessaire d’impliquer davantage les jeunes, la société civile, le secteur privé et la communauté scientifique dans la lutte contre le terrorisme.

Photo ONUDC
De nombreux pays font toujours face à la menace terroriste. Photo: ONUDC

Le terrorisme d’extrême droite

Sa collègue Michèle Coninsx a également souligné la menace que continue de représenter Daech. « Ces dernières années, des affiliés à l'EIIL sont apparus, notamment en Asie du Sud, en Asie du Sud-Est, au Sahel, dans le bassin du lac Tchad et en Afrique australe et orientale », a-t-elle noté.

Elle s’est aussi inquiétée de « la prolifération du terrorisme d'extrême droite (ou à motivation raciale et ethnique) ». 

Lors de sa réunion mardi, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration publiée par sa présidence dans laquelle il « souligne que la menace terroriste persiste et qu’elle touche des États membres dans le monde entier ».

Il  réaffirme que les États membres doivent veiller à ce que toute mesure de lutte contre le terrorisme « soit conforme aux obligations que leur impose le droit international, en particulier le droit international des droits de l’homme, le droit international des réfugiés et le droit international humanitaire ».

Le Conseil de sécurité souligne qu’il faut s’attaquer aux facteurs de propagation du terrorisme et estime qu’une approche globale visant à mettre en échec le terrorisme exige de mener une action multilatérale à l’échelle nationale, régionale et sous-régionale.

« Le Conseil continuera de faire preuve d’une détermination sans faille en vue de prévenir et de combattre le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations et de lutter contre l’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme, et se déclare résolu à intensifier l’action internationale unifiée et concertée menée face à ce fléau », conclut la déclaration adoptée par les membres du Conseil.

 

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