L'ONU et Interpol s'attaquent au trafic d'armes en Afrique de l'Ouest et au Sahel

21 décembre 2020

Au cours d'une opération coordonnée par Interpol et l'ONUDC au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, au Mali et au Niger début décembre,  des armes à feu, des munitions et des explosifs illicites ont été saisis, ce qui a permis de perturber les réseaux de trafic utilisés pour approvisionner les terroristes en Afrique de l'Ouest et au Sahel.

Interpol et l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) ont lancé du 30 novembre au 6 décembre l’opération KAFO II. Cette opération a été possible grâce au soutien de l'Allemagne, de la France, de l'Italie et de l'Union européenne. Elle a permis aux agents sur le terrain de cibler les points chauds de la contrebande dans les aéroports, les ports maritimes et les frontières terrestres du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, du Mali et du Niger.

Les agents ont contrôlé plus de 12 000 personnes, véhicules, conteneurs et marchandises dans les bases de données criminelles internationales et ont effectué des recherches sur le terrain afin de déterminer si les suspects utilisaient des documents de voyage volés, étaient connus des services de police de l'un des 194 pays membres d'Interpol ou voyageaient dans un véhicule volé.

Outre l'arrestation d'un certain nombre de terroristes présumés, les policiers ont saisi des armes à feu et toute une série de marchandises illicites telles que 50 armes à feu, 40.593 bâtons de dynamite, 28 cordons détonateurs, 6.162 cartouches de munitions, 1.473 kilos de drogues (cannabis et khat), 2.263 boîtes de médicaments de contrebande et  60.000 litres de carburant de contrebande

Le trafic d'armes à feu est un commerce lucratif qui, à son tour, alimente et finance d'autres types d'infractions graves - Jürgen Stock, Secrétaire général d'Interpol

« L'opération KAFO II montre la nécessité de faire des liens entre les affaires de criminalité impliquant des armes à feu et des terroristes dans différents pays », a déclaré le Secrétaire général d’Interpol, Jürgen Stock.

L'opération a mobilisé plus de 260 agents de la police, de la gendarmerie, des commissions nationales de contrôle des armes légères et de petit calibre, des douanes et des unités aéroportuaires de lutte contre le trafic, ainsi que des services des frontières et du ministère public des quatre pays.

« La lutte contre le trafic illicite d'armes à feu nécessite une forte coopération internationale et inter-agences, afin d'identifier la source de ces armes et de traduire les auteurs en justice », a déclaré la Directrice exécutive de l'ONUDC, Ghada Waly.

« Après la phase opérationnelle de KAFO II, il est important que l'ONUDC et Interpol continuent à travailler ensemble et à soutenir les enquêtes en cours et les affaires ouvertes », a-t-elle ajouté.

Nouvelles tendances en matière de financement du terrorisme

Étant donné que le trafic d'armes à feu est souvent associé à d'autres formes de contrebande, l'opération KAFO II s'est également attachée à perturber le flux d'autres types de marchandises illicites utilisées pour financer les activités criminelles et terroristes dans la région.

Parmi les nouvelles tendances observées lors de cette deuxième édition de l'opération KAFO, figurent la saisie d'essence de contrebande en grandes quantités au Niger et au Mali. Il semblerait que l'essence provenait du Nigéria et qu'elle ait fait l'objet d'un trafic pour financer et approvisionner le groupe terroriste Al Qaïda et ses affiliés.

En outre, plus de 40.000 bâtons de dynamite et de détonateurs ont été saisis en plusieurs endroits, tous destinés à l'extraction illégale d'or qui constitue une nouvelle source de financement, et même un terrain de recrutement, pour les groupes terroristes armés au Sahel.

Enfin, dans le contexte de la crise sanitaire actuelle de la Covid-19, les agents ont également saisi de grandes quantités de gels désinfectants pour les mains, de gants et de médicaments de contrebande, dont le marché est florissant.

Collecte et analyse de renseignements

La formation pré-opérationnelle dispensée conjointement par Interpol et l'ONUDC a permis de s'assurer que les agents disposaient des compétences requises pour utiliser les capacités opérationnelles d'Interpol au maximum de leur potentiel, et de veiller à ce que les systèmes de justice pénale soient dotés des outils nécessaires pour assurer le suivi des affaires en cours et des enquêtes post-opérationnelles.

Les agents ont été formés à l'utilisation du Système de gestion des registres et des tracés d'armes illicites (iARMS) d'Interpol pour détecter, identifier et tracer les armes à feu illicites.

Grâce à l'iARMS, plusieurs centaines d'armes à feu récupérées dans les quatre pays au cours de l'année passée ont été identifiées et retracées jusqu'aux pays de fabrication ou de dernière importation légale connue afin de suivre l'historique de leur propriété et de leurs mouvements. En recueillant ces renseignements sur la criminalité avant l'opération, les pays participants ont pu mieux cibler les suspects, les réseaux et les points chauds du trafic d'armes à feu.

Des enquêtes sont en cours à la suite des saisies, pour lesquelles il est essentiel de retracer l'historique et la propriété de toutes les armes à feu illicites récupérées afin de constituer un dossier solide en vue de poursuites.

L'ONUDC travaille avec les services de police et les services de poursuite afin de soutenir le suivi adéquat de ces affaires, notamment par une coopération internationale renforcée utilisant l'ensemble des outils fournis par la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale (CTO) et le Protocole sur les armes à feu.

 

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